dimanche 28 avril 2013

Star Trek Into Darkness

Après avoir pondu des séries au suspense grandiose à la pelle (« Alias », « Lost », « Fringe », « Person of Interest »), donné un coup de fouet à la franchise « Mission : Impossible », rendu hommage judicieusement à son senseï Spielberg (« Super 8 »), produit l’un des meilleurs Found Footage à ce jour (« Cloverfield »), et avant de réaliser l’un des films les plus attendus de l’histoire du cinéma (« Star Wars : Episode VII »), J.J. Abrams, le binoclard le plus cool de la planète, se charge aujourd’hui de donner un petit frère à son bébé « Star Trek », saga dont il avait lui-même assuré – avec succès – le reboot en 2009.
Pour assurer le spectacle, le phénomène J.J. Abrams s’est adjoint les services de ses plus fidèles collaborateurs : le tandem Roberto Orci / Alex Kurtzman au scénario, accompagné de la plume du mal aimé Damon Lindelof (remember la haine générale, non justifiée, face au final de « Lost » et au script interrogateur « Prometheus »), ce dernier également crédité comme producteur du long métrage, Bryan Burk de l’entreprise « Bad Robot » se charge, quant à lui, de la production du projet lorsque le célèbre compositeur Michael Giacchino assure la bande-son de ce « Star Trek Into Darkness ».
Côté casting, on ne change pas une équipe qui gagne : Chris Pine & Zachary Quinto reprennent leur rôle respectif du Capitaine Kirk et du vulcain Mr Spock. Ils sont entourés de la belle Nyota Uhura [Zoë Saldana], du ténébreux docteur Leonard « Bones » McCoy alias Karl Urban, du side-kick Simon Pegg dans la peau du technicien Scotty, du co-pilote John Cho et du mécano à l’accent russe prononcé Anton Yelchin. Les petits nouveaux se nomment Peter Weller, Alice Eve, et surtout Benedict Cumberbatch, qui incarne le bad guy de cette suite.
Synopsis Allociné : Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos …
Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive. Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.
Produit par Paramount Pictures, « Star Trek version 2009 » avait cet atout de rassasier les aficionados de la saga « Star Trek » avec son univers alternatif et d’envoûter les profanes de l’autre côté, grâce notamment à son action pétaradante digne d’un bon blockbuster et son humour bien placé.
 
Quatre ans plus tard, « Star Trek Into Darkness » poursuit l’aventure spatiale de façon beaucoup plus spectaculaire et ambitieuse, mais subit conjointement un défaut assez préjudiciable : sa relative inaccessibilité aux non-initiés. En effet, il semblerait qu’avec cet opus, le trekkie qui sommeillait en J.J. Abrams ait nettement pris l’ascendant sur l’entertainman pour produire un film d’une livraison paradoxalement moins commerciale que l’épisode précédent, davantage destiné aux fans. Ainsi, la fameuse « révélation » de milieu de course concernant l’identité du méchant et destinée à faire bondir n’importe quel spectateur de son siège tombe dans la choucroute et fera uniquement palpiter le cœur des fidèles.     
   
Passé ce malus, « Star Trek Into Darkness » se digère comme un divertissement de bonne voire très bonne qualité, à la réalisation plus maîtrisée que celle de son prédécesseur.
Après un début en fanfare avec une incroyable séquence d’ouverture – hommage à celles des James Bond, ainsi qu’au commencement d’« Indiana Jones : Les Aventuriers de l’Arche perdue » – J.J. Abrams propulse, en effet, son film à un rythme démesuré, enchaînant les scènes d’action avec une fluidité et une continuité sans précédent, quasiment sans temps mort. Tempo virevoltant assuré, même s’il est vrai que le long métrage semble fragilisé par une dimension peut-être moins épique qu’espérée.
 
C’est ainsi un festival de prodigieuses techniques de mise en scène qui s’offrent à nous : personnages introduits en plans – séquences, utilisation bien dosée du steadicam, course-poursuite Spock / John Harrison à l’aide d’un travelling judicieux, plans panoramiques ou à la grue, personnages cadrés de près pour capter au mieux leur énergie et leurs émotions, aucune saccade dans les mouvements de caméra – reproche souvent exercé aux blockbusters d’aujourd’hui.  
Aimé des spectateurs pour sa personnalité geek cinéphile(phage), le fils spirituel de Spielberg n’en délaisse pas pour autant ses personnages. Conflits intérieurs et contradictions intra psychiques pour chacun, dynamique manichéenne dans les rapports des uns aux autres, amitiés, trahisons, rebondissements en veux-tu, en voilà … J.J. Abrams, épaulé du trio infernal Roberto Orci / Alex Kurtzman / Damon Lindelof, demeure fidèle à son talent de magicien manipulateur – rappelez-vous les cliffhangers hallucinants des séries « Alias » & « Lost », ou des derniers « Mission : Impossible » format cinéma.
Probablement influencée par les techniques narratives des Comic Books, l’équipe de « Bad Robot » en fournit tout un rayon pour brouiller les pistes, reprenant avec joie quelques gimmicks des derniers cartons au box office, notamment avec le « traitement » du bad guy en étonnante résonance avec celui du Joker de « The Dark Knight » ou de Victor Silva de « Skyfall », voire même de Loki des « Avengers ». On pardonnera quelques facilités scénaristiques sans scrupule (la téléportation, procédé pressé jusqu’à la dernière goutte). 
 
Mainstream classique, fabriqué avec du cœur, « Star Trek Into Darkness » est également, comme rappeler plus haut, une aventure faite de personnages. L’illusionniste Abrams a recruté pour ce faire le très bon Benedict Cumberbatch, révélé dans la série « Sherlock ». Casté dans le film via une audition réalisée à l’aide de son iPhone, l’homme incarne ici avec brio et charisme John Harrison, un mystérieux terrien guidé par un leitmotiv simple : la vengeance. Stature imposante, stéréotypes inhabituels des méchants de cinéma, John Harrison – et son interprète – inspire tantôt confiance, autorité, brutalité, peur. Le reste du générique resplendit un peu moins, hormis peut-être le toujours très hilarant Simon Pegg et Zachary Quinto, plus émouvant qu’à l’accoutumée. Dommage pour les personnages féminins, un peu oubliés, même si les comédiennes Zoë Saldana & Alice Eve incarnent avec crédibilité la touche charme de l’équipage. Côté crew, saluons surtout la BO, impeccable, signée Michael Giacchino.
Bilan : Evinçant quiconque n’est pas familier de l’univers Star Trek, J.J. Abrams assure néanmoins l’essentiel : mettre en boîte un blockbuster intelligent, efficace et astucieux. A cet effet, il minimise les effets digitaux pour tirer le maximum de ses acteurs sur le plan émotionnel et se montre ainsi l’homme de la situation afin d'installer la relève Spielbergienne. Conteur d’histoires et entertainer foisonnant, J.J. Abrams est réprimé par ses détracteurs pour sa soi-disant absence de légitimité, il doit désormais se concentrer sur le plus gros défi de sa carrière pour leur prouver le contraire : « STAR WARS : EPISODE VII ».    

La Bande Annonce de Star Trek Into Darkness:


NOTE: 7,5/10



6 commentaires:

  1. J'ai vraiment hâte de le voir! J'adore le 1er et son rythme trépidant et à part avec Super 8, JJ ne m'a encore pas déçu.

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    1. Pourtant Super 8 était vraiment génial.
      Tu vas aimer j'pense Fred. Tiens moi au courant.

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  2. Ca y est j'ai enfin pu lire ta critique maintenant que j'ai vu le film et que j'ai écris la mienne ^^ Je suis assez d'accord avec toi (et d'ailleurs ta critique est vraiment superbe, tu as vraiment un style d'écriture que j'adore) sauf sur l'inaccessibilité aux non-initiés de la franchise. Je connais rien sur la franchise, et pourtant la révélation dont tu parles au milieu du film, et bah elle m'a vraiment surpris et fait plaisir!

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    1. Merci Aymeric, ça me touche bcp.
      Pour le "rebondissement", disons que c'est aussi peut être parce que je m'en doutais fortement, au-delà d'une simple "connaissance" sur la saga.

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