lundi 22 avril 2013

Les Gamins

Un bouche-à-oreille plus qu'encourageant a toujours de quoi susciter une attente démesurée chez les spectateurs, en particulier lorsqu'il s'agit de comédies françaises – remember les succès « surprises » de « Bienvenue chez les Ch'tits » et « Intouchables », tous deux lancés en grande pompe par des avant-premières bien fructueuses.
C'est donc avec un appétit non dissimulé que nous découvrons aujourd'hui « Les Gamins », premier film du novice Anthony Marciano très bien accueilli dans les salles où il fut projeté avant sa sortie nationale sur le territoire.
Synopsis Allociné : Tout juste fiancé, Thomas rencontre son futur beau-père Gilbert, marié depuis 30 ans à Suzanne. Gilbert, désabusé, est convaincu d'être passé à côté de sa vie à cause de son couple. Il dissuade Thomas d'épouser sa fille Lola et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Ils se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, persuadés que la liberté est ailleurs. Mais à quel prix retrouve-t-on ses rêves d'ado ?
La Comédie Française, un genre hélas entaché ces derniers mois par une dramatique série de bouses infâmes, tout juste rattrapée par le freelance nommé « 20 ans d'écart ». Devoir de réhabilitation pour Anthony Marciano donc, épaulé de la plume du jeune premier Max Boublil, dont les débuts d'acteur reconnu dans le choral « Des gens qui s'embrassent » promettaient une carrière plausible.
Max Boublil scénariste, Max Boublil acteur. M'ouais ! « Les Gamins » se propulse comme un « American Beauty » à la française – le père en pleine crise de la quarantaine, le beau-fils fumeur de pétards qui sympathise avec l'autorité parentale masculine, la cellule familiale en plein marasme – pour ensuite sombrer dans la vulgarité, la prétention, la facilité, la misogynie, l'immaturité et l'hypocrisie, aussi indigeste que du Marc Lévy cinématographique à deux balles, tout juste bon à faire marrer quelques djeun's décérébrés.
Vulgaire lorsque l'humour promis se vautre dans des vannes pipi – caca – sperme pas drôles, honteusement piquées chez les confrères américains Farrelly Brothers / Judd Apatow, dont la force réside avant tout dans le goût de la démesure pour mieux appuyer le propos, formule nullement appliquée ici, ou à peine lors de quelques dialogues croustillants entre Chabat / Boublil.
Bling-bling d'autre part, avec des gags écrits pernicieusement dans l'intention (malsaine) de faire rire le spectateur tout en frottant son argent, des € plein les yeux. Le rêve d'une vie abracadabrante exaucé par une carte gold scintillante ? Pour situer cet état d'esprit, il suffit d'illustrer par deux séquences bien probantes : tout d'abord, celle du clip – single de la gamine, shooté au Maroc, certes un peu fou fou, mais qui tourne en dérision le starsystem et la télé-réalité de la manière la plus pédante, hypocrite et puérile qui soit. Une escapade paradisiaque pour l'équipe de tournage, voilà tout. L'insupportable itinéraire du héros qui veut à tout prix percer dans le milieu du showbiz et qui « performe » sa success story grâce à l'appui d'une vieille légende du rock mondial (que vient-elle branler là d'ailleurs ?) donne incroyablement la gerbe. Second exemple : la scène avec la fausse racaille du 16è qui vend du shit.
L'immaturité, revendiquée dès le titre, transparaît, quant à elle, dans le fond de l'histoire, très « gamine » quand on y réfléchit, de deux ados (comme le réalisateur sans doute?) en quête d'une jeunesse éternelle. Waouh, quel script ! La promesse d'une 'rom-com' originale est de surcroît éclipsée par le traitement social convenu du long métrage, sans saveur, sans rebondissements, aux clichés misogynes (les personnages féminins hyper caricaturaux et pas rock'n'roll pour un sou, qui veulent à tout prix s'engager dans une vie conjugale plan plan, ben voyons!). On préfère nettement la sensibilité d'un Apatow et de son mode d'emploi de la quarantaine.
Apothéose de la connerie lorsque les rouages du film de potes timbré deviennent ceux d'une romance ultra pépère et mièvre qui vogue en eau douce – le rachat de bonne conduite auprès de la dulcinée grâce à quelques fleurs, une chanson et une déclaration d'amour forcément publique, forcément barjo.
Quand au fameux « Grand Retour » du Nul Alain Chabat annoncé dans tous les médias, quel foutage de gueule. L'acteur – réalisateur français, au départ fun dans un espèce de passage de flambeau plutôt sincère rappelant la grande époque « Didier » / « La Cité de la peur », se décrédibilise totalement dans une seconde partie carrément moins sucrée, où son personnage, devenu beauf entre temps (Fabien Onteniente, sors de ce corps !), porte un Marcel ridicule ou un short court censé faire homo. Puisqu'on en est à parler casting, gageons le mauvais jeu d'acteur de Max Boublil, benêt au sourire XXL, qui fait pourtant quelques efforts appréciables pour assurer le minimum syndical. Seule bonne surprise du générique : Sandrine Kiberlain, décalée et drôle, comme toujours. Encore que condamnée à quelques farces répétitives, dommage !
Pour finir, la BO, chantée par la chorale St John's International School reprenant plusieurs titres célèbres est entièrement à l'image des « Gamins » : agaçante, passé les quinze premières minutes de bobine.
Bilan : « Les Gamins », comédie transgénérationnelle parée à BOTOXer nos zygomatiques pour les vingts prochaines années ? Pas vraiment … plutôt un malheureux un coup d'épée dans l'eau. Épaisseur inversement proportionnelle au degré potache ?

La Bande Annonce du film Les Gamins:


NOTE: 3,5/10
 

12 commentaires:

  1. Quel hypocrisie !!!! Vous devez forcément être JALOUX !
    car c'est un film formidable !!!!!

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    1. mmmhhh non.

      Si j'étais jaloux d'un film à la limite, ce serait de 20 ans d'écart et de Pierre Niney, parce que le succès de celui-là est mérité.

      Là, c'est juste pas drôle quoi ...

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  2. La sensibilité d'un Apatow ?!... Ben c'est justement le contraire pour moi ! Une bonne surprise pour ma part... 2/4

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  3. salut
    je trouve ta critique un peu dure .la racaille du 16 eme m'a bien fait rire personnellement.Certes c est pas le film de l 'année mais moi il m' a donné la pèche
    je vais regarder 20 ans d 'écart pour comparer

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    1. Tu as vu 20 ans d'écart alors ?

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    2. tu n'aime pas ce film et tu as aimé 20 ans d'écart ? j'aurai plutôt pensé l'inverse...

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  4. Ils manquaient quelques acteurs pour parfaire ce chef d’œuvre interdit au plus de 16 ans Enrico Macias, ROger Anin, Pascal elbe..... la fine equipe quoi pour que je place ce film numero un dans ma top liste juste devant "la tour montparnase infernale" Vous etes dans la matrice les gars ....quand on est devant ce trou beant de la connerie ca fout le vertige

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  5. Tu n'as peut être pas aimé le film, ok. Cependant, ne le décrédibilise pas ainsi: tu n'arrive pas à trouver un point positif parce que pour toi, c'est un navet. Moi je trouve ce film excellent, marrant, délirant, avec une morale (au finale l'amour est plus fort que tout est gagne toujours). Fin bref...

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    1. Effectivement, je donne un avis, donc il y a une part de subjectivité.

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