vendredi 25 janvier 2013

Le Dernier rempart

« Le Dernier rempart » (« The Last Stand » en VO) marque véritablement le retour du gouvernator Arnold Schwarzenegger au poste d'« action man » du cinéma, même si son pote Sylvester Stallone et ses « Expendables » lui avaient offert un caméo de luxe dans la franchise d'action. Second intérêt du long métrage dès sa mise en chantier, la mise en scène y est assurée par le coréen Kim Jee-woon, auteur des très remarqués « J'ai rencontré le diable » et « Le bon, la brute et le cinglé », qui met donc enfin les pieds à Hollywood pour réaliser aujourd'hui « Le Dernier rempart ».
 
Synopsis (source : Allociné) Après une opération ratée qui l'a laissé rongé par les remords et les regrets, Ray Owens a quitté son poste à la brigade des stupéfiants de Los Angeles. Il est désormais le shérif de la paisible petite ville de Sommerton Junction, tout près de la frontière mexicaine. Mais sa tranquillité vole en éclats lorsque Gabriel Cortez, le baron de la drogue le plus recherché du monde, réussit une évasion spectaculaire d'un convoi du FBI, semant les cadavres derrière lui...Avec l'aide d'une bande de truands et de mercenaires dirigés par le glacial Burrell, Cortez s'enfuit vers la frontière à 400 km/h dans une Corvette ZR1 spéciale, et il a un otage...Il doit passer par Sommerton Junction, où est massé le gros des forces de police américaines. C'est là que l'agent John Bannister aura une dernière chance de l'intercepter avant qu'il ne franchisse la frontière...D'abord réticent en se voyant impliqué dans cette affaire, écarté parce qu'il est considéré comme un petit shérif de province incapable, Ray Owens finit par rallier son équipe et par prendre l'affaire en main. Tout est prêt pour la confrontation...
Ça partait pourtant plutôt bien avec une auto-parodie avouée de l'Amérique poisseuse et de ses habitants paresseux, mais on ne va pas gâcher le suspens, « Le Dernier rempart » s’avère rapidement extrêmement décevant, le premier passage de Kim Jee-woon au pays de l'Oncle Sam est officiellement la première purge de 2013. Le film du metteur en scène de « Deux sœurs » et d’« A Bittersweet Life »  n'est pas une immonde bouse, mais pourquoi diable avoir choisi ce nanar pour sa première réalisation américaine, qui aurait très bien pu être mise en boîte par n'importe quel « yes man » habitué au genre, McG ou Patrick Lussier entre autres ! C'est, en effet, à première vue, l'effet le plus dérangeant de la part de Kim Jeen-woon, dont on attendait forcément mieux. Tout porte à accuser la pression des pontes de la major sur le fameux final cut !
« Le Dernier rempart » met du temps à se lancer, avec une histoire grossière et vue mille fois de vilain trafiquant voulant traverser la frontière pour rejoindre le Mexique, qui l'eût cru ! Le film aux allures tantôt western, tantôt action movie des 90's, bénéficie fort heureusement de la présence d'Arnold Schwarzenegger dans le rôle du héros « bourrin badass », effectuant là un retour fracassant malgré son âge avancé. En dépit de ses rides et de son bidon, Papy Schwarzie confirme qu'il a encore la trempe et les capacités physiques d'un gaillard de quarante piges à peine, augurant du bon pour sa (nouvelle) carrière d'acteur, après son investissement politique au sein du gouvernement de Californie. « Le Dernier rempart » se rattrape dans sa dernière demi-heure, bien plus vaillante, au cours de laquelle Kim Jee-woon se montre plus freelance, reflétant probablement la moindre main mise du studio sur l’asiatique, et dégaine plusieurs séquences assez jouissives, faut l'avouer, notamment lorsque Schwarzie se met de buter les bad guys à sa manière corsée et lors de la course poursuite à travers des champs de maïs longs (les mêmes que dans « Signes »).
D'autres vilains défauts préjudiciables : un humour cynique maladroit, des punchlines pullulantes contrebalancées par des méchants qui se prennent au sérieux avec un culot éhonté, l'outrancier Peter Stormare en pôle position, qui en fait des caisses, accompagné de son boss, incarné par l'hystérique Eduardo Noriega.
 
 
 Ils sont malheureusement encadrés par des seconds rôles inaptes à relever le niveau, que ce soit le shérif adjoint absolument abject, incarné par un Luis Guzman pas crédible pour un sous, ainsi que les pathétiques side-kicks : le Jackass Johnny Knoxville, toujours aussi maniéré et affublé de tics faciaux détestables, et le jeune bleu Zach Gilford (pourtant appréciable dans « Super »). Quant à la jolie Jaimie Alexander, actrice aux faux airs de Michelle Monaghan et vue récemment dans « Thor », elle porte certes divinement bien le jean Levi’s, mais se contente d’assurer ici ni plus ni moins que le quota chromosome XX de l’entreprise.
 
 
Enfin, signalons Forest Whitaker en agent fédéral, à des années-lumière de son Oscar du meilleur acteur reçu pour « Le Dernier roi d’Ecosse ».
 
 
Bilan : « Le Dernier rempart » devait signer le retour cinématographique d’Arnold Schwarzenegger avec un rôle taillé sur mesure, il n’est finalement qu’un film lambda dont on espérait plus. On attend de voir si tonton Sly s’en sort mieux dans le prochain Walter Hill, « Du plomb dans la tête ».
 
 
La Bande Annonce du film Le Dernier rempart:

 
NOTE: 4,5/10

5 commentaires:

  1. j'ai comme l'impression que tu connais déjà mon avis ;-)

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    1. J'ai comme l'impression qu'ya même une vidéo sur YouTube ^^

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  2. Archi classique, efficace certe mais banal. Et où est passé la mise en scène pleine de panache et de fluidité de Kim Jee-Woon ?!... 1/4

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    1. Bin, comme je le dis dans la critique, pouvoir du studio à mon humble avis !!

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