
Synopsis
Allociné :
Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte.
Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En
compensation des soins prodigués par les religieuses avant et
pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est
autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À
l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des
Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le
retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin
Sixsmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et
ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la
recherche d’Anthony.
Pour
son 23ème long-métrage, le réalisateur des « Liaisons
dangereuses » s'est emparé d'un fait divers britannique de
2002, et s'intéresse aux travers de « l'Église » au
milieu du siècle précédent. Il approfondit notamment la manière
dont étaient traitées et rejetées – par la société – les
mères célibataires, ainsi que les conséquences psychologiques à
long terme de cette éviction. Le catholicisme est alors au centre de
l'observation de Frears qui n'émet néanmoins aucun jugement.

Le
système de flashbacks,
tous pourvus d'un aspect vintage
de vacances, lui-même mis en place grâce au Super
8 effect,
améliore le rendu final en permettant de mettre en relief les
modifications comportementales des moniales entre le passage de
Philomena à l'abbaye et aujourd'hui. Notons qu'à un moment, le
journaliste fait mention du film « The Magdalene Sisters » ;
parallèle vraiment bien senti puisque les agissements de Soeur
Hildegarde et de ses consœurs dans les années 50 rappellent
constamment la trajectoire de vie des Magdalene, dont le récit fut
porté sur grand écran par Peter Mullan.

Mais
si la religion est le principal sujet de « Philomena »,
le film de Frears ne se limite fort heureusement pas à cela. C'est
aussi et surtout l'histoire d'une femme qui souhaite désespérément
retrouver celui qu'on lui a pris il y a près de cinquante ans. Et
dans ce cadre, les deux protagonistes principaux, bien que
différents, se complètent harmonieusement : d'un côté,
Philomena, catholique pieuse, femme d'origine modeste, est gouvernée
par la volonté de retrouver son enfant ; de l'autre, Martin, un
journaliste récemment limogé, intellect pédant, porte un intérêt
pour l'histoire de Philomena dans l'unique but de rebondir
professionnellement. Mais cette femme d'apparence ordinaire va faire
preuve d'une force et d'un courage exemplaire que Frears met
brillamment en exergue. Par son indulgence et son altruisme,
Philomena se révèle in finale extraordinaire.
Si
la petite larme est au rendez-vous, sachez que « Philomena »
est doté d'une grande dose d'humour malgré tout (des comiques de
situations ou de textes). On pense notamment à la séquence où
Philomena raconte la majorité de l'intrigue du roman qu'elle vient
de lire à Martin, ou encore lorsqu'elle lui inventorie l'intégralité
du buffet petit-déjeuner de l'hôtel.

Remarquons
que le cinéma du réalisateur de « The Queen » brille
une nouvelle fois par son esthétisme et son réalisme, Frears
possédant, en effet, le talent de magnifier ses personnages à
l'aide de scènes extrêmement limpides, toujours filmées dans des
paysages sublimes, notamment en Irlande. La bande-son est, quant à
elle, signée Alexandre Desplat, un nom généralement synonyme de
qualité dans le milieu.
Rendons hommage enfin à
l'excellente direction d'acteurs. Steve Coogan, plus habitué au
registre comique, se montre épatant. On pense notamment à la scène
où le comédien découvre la page internet centrée sur Anthony, ou
encore celle du « scandale » au couvent, deux séquences
véritablement bouleversantes. La phénoménale Judi Dench se révèle
extrêmement touchante dans le rôle-titre, une femme vulnérable et
pourtant si forte. L'actrice anglaise semble habitée par la
personnalité de Philomena et émeut l'audience, sans être
larmoyante. A l'image du film finalement !

Bilan :
Adaptation réussie et aboutie pour Frears, qui signe avec
« Philomena » un portrait intéressant d'une femme
croyante et combative dans les années 50. Belle revanche pour
Stephen Frears après le fiasco « Lady Vegas ».
Anecdote (source : Allocine.fr) Alors que « Philomena » était menacé par la MPAA (la commission de classification américaine des films) d'une note « R », qui oblige les mineurs à être accompagnés, le producteur Harvey Weinstein a décidé de réaliser une opération promotionnelle originale pour défendre le film. Judi Dench qui joue Philomena est revenue dans une vidéo sous la forme de son personnage emblématique de M dans la saga James Bond, avec les accords des ayant droits de la marque du célèbre 007.
La Bande-Annonce de
Philomena :
NOTE : 8/10
Article rédigé par
Justine Blache
Philomena est un film touchant et je trouve que le tandem Steve Coogan et Judi Dench fonctionne parfaitement. Selon moi, Frears a su comment décortiquer ce sujet qu’il aborde.
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