Sept ans plus tard, en
2008, le bougre caracole au sommet du box-office mondial et reçoit
les éloges de la critique avec « Tonnerre sous les Tropiques », satire hilarante de films de guerre sur le
Vietnam, tels que « Apocalypse Now », « Platoon »,
« Full Metal Jacket » ou « Voyage au bout de l’enfer ».
Après un projet –
avorté ? – de spin-off centré sur le personnage de
producteur sans scrupule Les Grossman et l’arlésienne « Zoolander 2 », Ben Stiller signe aujourd’hui « La Vie rêvée de Walter Mitty », transposition cinoche du roman culte de James Thurber. Un multi-facettes d'un acteur, humoriste, réalisateur,
scénariste et producteur de cinéma qui nous comble et nous prouve
qu'il a considérablement gagné en maturité.
Ben Stiller a d’ailleurs
surpris tout le monde cet été après la parution en ligne d’un
premier trailer particulièrement splendide et enivrant,
quasiment dénué de dialogues, lancé en grandes pompes au son de
« Dirty Paws », chanson phare de l’excellent groupe
islandais « Of Monsters and Men », et mettant en scène
plusieurs plans fascinants et soignés, à l’image sophistiquée
(la course de Walter Mitty devant les unes du magazine « Life »,
un saut dans l'océan depuis un hélicoptère, une chute dans le vide, une course en
skateboard …). En d’autres termes, la promesse d’une
ambiance radicalement opposée aux habituelles pitreries du
réalisateur, n’ayons pas peur de l’avouer. Qu’en est-il
réellement ? Réponse le 1er janvier prochain, à
l’occasion de la sortie en salles.
Synopsis Allociné :
Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui
n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et
extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie
professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action
dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable,
pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu
imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

Walter Mitty est un
rêveur vapeur. Il vit des aventures extravagantes lors d’excursions
en pleins songes éveillés, songes hantés par la présence d'une
femme sublime incarnée par l’envoûtante Kristen Wiig. Vies
inaccessibles, jusqu’au jour où … il rencontre enfin cette femme
dans la vraie vie.

Aussi difficile de
résumer en quelques mots le synopsis que l’émotion ressentie lors
d’un premier visionnage de « La Vie rêvée de Walter Mitty », magnifique ode à la vie, aux rêves, aux voyages et à
l’Amour. Une certitude : Ben Stiller est un réalisateur épatant,
dont la trajectoire filmographique surpasse les attentes à chaque
nouvelle mouture, autant côté ambition artistique affichée que
effets sur le plan émotionnel. Car si « Walter Mitty »
fonctionne aussi magnifiquement, c’est à la fois grâce à la
sincérité de la démarche, à la finesse et l'universalité du
propos, ainsi qu'aux moyens mis en place.

Façon d'illustrer, face
à Kristen Wiig dont il est éperdument amoureux à l’écran, Ben Stiller (ne nous voilons pas la face, Walter Mitty est une projection
de Stiller) délaisse son environnement morose – des collègues de
travail moqueurs, dont le cruel Adam Scott – pour effectuer un
merveilleux voyage qui nous emmènera en Islande, puis en Himalaya,
via le Groënland et les locaux de la prestigieuse entreprise
magasinière « Life », une odyssée bercée d’une
tendresse et d’une bonté infinies, et teintée d’un onirisme
éblouissant (les scènes de rêves figurent parmi les plus réussies
du film, avec renouvellement d'artifices à foison). Et quand, enfin,
le rêve devient réalité, « Walter Mitty » prend son
envol pour nous imprimer à jamais. La confusion opérée, l'émotion
transcendée. Des sentiments qui rappellent constamment la poésie de
Jeunet (« Amélie Poulain »), la magie d'Ang Lee
(« L'Odyssée de Pi »), ou encore le lyrisme de Miyazaki.
En témoigne la puissance affective phénoménale du plan final. Wonderful !

Nous saluerons au passage
la beauté des paysages et des visages parcourus, au gré de
rencontres fortuites ou chaotiques : celui de Sean Penn évidemment,
parfait en explorateur silencieux, mais aussi celui, angélique, de
l'irrésistible Kristen Wiig, ainsi que celui d'Olafur Darri Olafsson,
véritable révélation du film et porteur d'une touche humoristique
bienvenue. Rassurez-vous d'ailleurs sur ce plan : si Ben Stiller
s’aventure sur des contrées inconnues, il n’en délaisse pas
moins les boutades singulières fidèles à son style ; ainsi, nous
sommes gratifiés de plusieurs tranches poilantes, avec en pôle
position un sketch parodique drolatique de « L’Etrange histoire de Benjamin Button » et tout un tas d'autres surprises
réjouissantes.

Et enfin, saveur non
négligeable, une bande-originale exaltante, authentique jukebox
d'artistes en vogue (« Arcade Fire », « Of Monsters
and Men », « José Gonzalez » ...) qui ajoute au
charme de l'ensemble.

Bilan : De
retour dans la plastique d'acteur – réalisateur, Ben Stiller crève
une nouvelle fois l'écran en rêveur amoureux et surprend. Son
dernier long-métrage, « La Vie rêvée de Walter Mitty »,
en salles le 1er janvier prochain, est un bijou d'écriture, de mise
en scène et de compositions.

Anecdote :
Sacré imbroglio autour des droits d'adaptation de « La Vie rêvée de Walter Mitty » et des changements de casting. Jim Carrey a ainsi longtemps été rattaché au projet, qui, lui-même,
est passé entre de nombreuses mains, notamment celles de Ron Howard,
Chuck Russell, Steven Spielberg, Mark Waters et Gore Verbinski, ce
dernier étant crédité au générique de « Walter Mitty »
en qualité de producteur exécutif. Côté acteurs, après le
désengagement de Jim Carrey, c'est Owen Wilson qui fut envisagé
mais celui-ci quitta à son tour le navire en raison de différents
artistiques avec la production. C'est ensuite Mike Myers qui émit le
souhait d'interpréter le rôle principal, avant qu'il ne soit
proposé à Sacha Baron Cohen. Ce dernier s'est finalement désisté
six mois plus tard et c'est seulement en avril 2011 que Ben Stiller
signa pour incarner Walter Mitty et siéger sur le fauteuil de
réalisateur.
La Bande Annonce de La Vie rêvée de Walter Mitty:
NOTE: 9,5/10
La Vie rêvée de Walter Mitty est un film qui ne manque pas d’originalité. Les aventures de ce personnage sont plutôt captivantes et je pense que Stiller y est pour beaucoup…
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