Après « Howl »,
le duo Rob Epstein / Jeffrey Friedman revient avec un nouveau biopic,
cette fois centré sur Linda Lovelace, actrice du film « Gorge
profonde » (1972), qui l'a propulsée du jour au lendemain
sur le devant de la scène et érigée comme icône de la liberté
sexuelle. Sobrement intitulé « Lovelace », le
long-métrage sort en salles le 8 janvier prochain.

Synopsis (Allociné) :
A la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa
mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main
de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie
avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté.
Quand elle
rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril,
quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui
l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine.
Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se
laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle
accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique.
Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans
de GORGE PROFONDE fait d’elle du jour au lendemain une star unique.
Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa
nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle.

Présentation sous forme
d'introduction de la jeune Linda Lovelace (Amanda Seyfried), encore
chez ses parents, sous la houlette d'une mère très stricte. On
rencontre alors, avec Linda, Chuck Traynor, (Peter Saarsgaard),
charmant gentleman qu'elle va rapidement épouser.

Le film se divise ensuite
en deux parties, une première ciblée sur la success story de Linda
Lovelace, son ascension vers la gloire, puis nous assistons à une
marche arrière et un retour, point par point sur ce qui nous a été
présenté, mais, cette fois, avec l'envers du décor. La
première moitié est en réalité très suggestive de la seconde. Ce
traitement en deux temps est original et particulièrement
intéressant, puisqu'au final, au plus proche de la réalité. Linda
Lovelace, porte-parole, inspiratrice de l'affranchissement sexuel va
revenir sur cette expérience quelques années après « Gorge
profonde », et présenter une version différente de celle que
le public imaginait, bien plus tumultueuse.

L'échec du film repose
en partie sur cette seconde tranche, vraiment édulcorée. Le
spectateur étant frustré par des déclarations qu'il aurait imaginé
nettement plus sombres. Les violences, tant physiques que morales,
infligées par Chuck Traynor à Linda sont certes présentées, mais il n'est à aucun moment question d'approfondir le propos, comme si
les réalisateurs, timides et probablement bridés par le studio,
optaient pour une version lisse, n'allant jamais au bout des
ambitions artistiques de départ et n'attaquant jamais là où ça
pourrait faire mal. Ainsi, à force de ne pas vouloir trop en
montrer, le tandem Epstein / Friedman livre une œuvre fade, dénuée
de la noirceur nécessaire et suffisante pour percer les secrets de
l'énigme Linda Lovelace. Ce thème de la violence appliquée aux
femmes est abordé de manière trop succincte pour
convaincre, ne poussant jamais le spectateur
à la réflexion. De ce point de vue, le film ne peut que décevoir.
Grosse désillusion également lorsqu'on découvre que « Lovelace » ne
revient pas du tout sur le militantisme anti-pornographie qui a été
réalisé par Linda Lovelace à la suite de son discours.

Quant aux prestations des
acteurs, elles varient de l'un à l'autre : Amanda Seyfried a
tendance à en faire des tonnes, n'aidant pas vraiment à ce que l'on
éprouve une once de compassion pour son personnage (à l'exception
de quelques scènes, notamment celles avec ses parents). Peter
Saarsgard est excellent, tant en charmeur au début du film qu'en
salaud en fin de bobine (ce qui nous pousse à jubiler – de manière
très sadique – lorsqu'il se fait frapper à coup de ceinture).
Juno Temple est également exemplaire mais hélas trop peu présente
à l'écran.
De même que James
Franco : apparition furtive.

Bilan : Film
globalement médiocre, trop superficiel et affadi
pour bousculer l'opinion
publique.

Anecdote : Si vous
cherchez Sarah Jessica Parker – créditée au générique – dans
le film, vous ne la trouverez pas. L'actrice, qui devait camper le
rôle de Gloria Steinem, a, en effet, été coupée au montage.
La Bande Annonce de
Lovelace
NOTE : 5/10
Article rédigé par
Justine Blache
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire