
« Bad
Grandpa », sur le papier, c’est l’aventure d’Irving
Zisman, un octogénaire veuf à qui sa fille, condamnée à une peine
de prison, remet la garde de son petit-fils âgé de 8 ans, Billy.
Estimant ne pas pouvoir assumer ses fonctions de grand-père
responsable, il décide de traverser les États-Unis pour remettre
l’enfant à son père. Un voyage semé d’embûches et de
rencontres parfois improbables.

A l’écran,
on déplore vite la façon dont la trame semble se broder au hasard
des caméras cachées. Réduisant au quasi-néant leur volonté de
raconter une histoire, Jeff Tremaine (réalisateur) et Johnny
Knoxville (co-scénariste et acteur principal) ne s’y rattachent
qu’en tant que prétexte faiblard qui justifierait un nouveau
florilège de pièges. On peut lui reconnaître une relation de
substitut paternel convenablement installée et qui prend son temps
jusqu’à, très brièvement, susciter une émotion plutôt
chaleureuse en fin de course. Mais quel calvaire de deviner le reste
du temps les traits grossiers d’une non-intrigue au moins poussive
quand elle n’est pas franchement dispensable.
Comble de la déconfiture, le trash tape-à-l’œil redevable à la team Jackass a un mal surprenant à prendre ici son envol. Sages et pudiques, les faux débordements de Knoxville, même accompagné de son nouveau partenaire, n’ont plus grand-chose du pavé dans la mare puritaine qui a forgé sa réputation. A l’aise en vieillard, il enfile les casquettes qu’on lui connaît. Gaffeur, dragueur lourdingue d’un autre temps, pétomane... il culmine aussi logiquement dans tout son talent d’amuseur – le jeune Jackson Nickoll défendant lui aussi sa part du gâteau – mais son Art sent le réchauffé, quand il ne laisse pas de marbre, ou va jusqu’à gêner carrément.

Il en reste
un étalage d’humour gras, pot-pourri souvent insignifiant que
Tremaine défend par une mise en scène pourtant efficace, stylisée
et visuellement agréable, particulièrement au cours d’interludes
au ton rassurant. Suppléés par une BO soignée et fraîche, on
s’amuse entre plans carte-postale qui n’alourdissent pas le
récit, et l’on ne se refuse pas l’esquisse d’un sourire devant
les jolis clins d’œil ponctuels, notamment ceux de Knoxville
adressés à lui-même.
A noter, les
références comiques (une déclaration d’amour endurante et
évidente à un film dont on taira le nom, ne trahissons pas la
surprise) qui donnent aussi un cachet savant et humble à l’ensemble,
sans bien sûr en éclipser le grand-guignolesque général
assommant.

D’autant
que la concurrence est rude ; pour « Bad Grandpa »,
se soustraire à la comparaison avec « Borat », autre
road-trip piégé qui
dresse un portrait amer des USA, est impossible. Souffrir de
l’analogie l’est encore plus. Knoxville et Baron-Cohen sont
différents, mais la recette fonctionne incontestablement mieux
lorsque c’est le second en nigaud Kazakhe que l’on suit ; et
nous étions en 2006.
Bilan
: Pas moyen d’apprécier « Bad Grandpa » au même
niveau que les plaisirs coupables qu’étaient ses prédécesseurs
dans la série des longs-métrages Jackass. Entre une prudence
frustrante à dépasser les limites, et une persistance dans le
réchauffé scato (le masochisme de voyeur en moins), cette quatrième
aventure agace ; d’autant que le récit concocté pour
l’occasion n’est qu’une toile de fond inconsistante et à la
mise en scène ironiquement plus inspirée que ses propres scénettes.
Malgré l’incorrigible Knoxville et les quelques idées qui font
mouche, « Bad Grandpa » manque le coche et s’oublie
bien vite.

Anecdote
(source : Allocine.fr) : Pendant le
tournage de « Bad Grandpa », Johnny Knoxville devait
subir 3h entières de maquillage pour prendre l'apparence d'Irving
Zisman ! Et pour les séquences où l'acteur doit enlever son
t-shirt, cinq heures de maquillage étaient nécessaires.
La Bande
Annonce de Bad Grandpa :
NOTE :
3/10
Article
rédigé par Douglas Antonio.
C’est sans l’ombre d’un doute que je dirai que cette comédie est super, car il mélange humour et originalité.
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