
Synopsis
Allociné : En rendant publics
des documents confidentiels, ils ont fait vaciller les plus grands
pouvoirs de la planète. La révélation d’informations
ultra-secrètes explosives a mis en lumière un monde jusque-là
inconnu. WikiLeaks a changé la donne à jamais. Comment Julian
Assange, fondateur de WikiLeaks, et Daniel Domscheit-Berg, ont-ils pu
obtenir ces documents ? Comment est né leur site qui, en quelques
mois, a réussi à révéler bien plus de secrets que tous les plus
grands médias officiels réunis ?

D'emblée,
la comparaison du « Cinquième pouvoir » avec « The
Social Network » saute aux yeux et paraît plus que tentante.
Soucieux de brosser un portrait détaillé d’une personnalité
complexe, auteur d’un changement majeur dans l’ère numérique,
le cinéaste Bill Condon (« Dr Kinsey », mais aussi hélas
les deux derniers volets de l'horrible saga « Twilight »)
et le scénariste Josh Singer proposent un biopic lourd et
conventionnel, dont la vision unilatérale est celle de Daniel Berg,
bras droit d’Assange et injustement présenté comme « le gentil
de l’histoire ». Manichéen au possible ! « The
Social Network » est tout ce que « Le cinquième
pouvoir » n’est pas : un drame intimiste, percutant et
criant de vérité, transcendant un propos plus qu'un personnage
(Mark Zuckerberg) ou un site (Facebook).

Pleinement
conscient qu’il est difficile de mettre en scène des types
barricadés en permanence derrière leurs computers,
Condon emprunte énormément de plans à « The Social
Network », et met notamment l'accent sur la relation Julian
Assange (Benedict Cumberbatch) / Daniel Berg (Daniel Brühl) de la
même manière que Fincher l'avait effectué avec l'union Zuckerberg
/ Eduardo Saverin. Une amitié qui s’envenime progressivement
lorsque Berg se rend compte de l'indifférence affective de son
partenaire charismatique face aux vies humaines qui pourraient être
mises en danger à la suite des fuites de documents secrets
américains sur la guerre en Irak. Les raccourcis, esthétiques et
scénaristiques, sont omniprésents et dessèchent totalement la mise
en scène, qui devient dès lors aussi artificielle et caduque que le
récit, ce malgré une batterie d’effets visuels profitables,
quoiqu'un poil nauséeux et épileptogènes – split-screen,
textes à l’écran et volets verticaux.
Alors que
Benedict Cumberbatch, la star de « Sherlock », s'avère
convaincant dans le rôle d’Assange – un zézaiement dans la
voix, les cheveux blancs, les yeux bouffis, un regard méfiant – le
film ne dépasse pourtant jamais les manchettes des journaux, en
d'autres termes les faits déjà connus.

Mis à part
lors du dernier acte un peu plus vigoureux, « Le Cinquième
pouvoir » paraît vraiment inerte, peut-être parce les
questions d'ordre politiques ou morales ne sont au final que
survolées. L'éthique de la fondation WikiLeaks est « bousculée »,
mais nulle position ferme quant à ce propos n’est tenue. Ainsi,
l’importance des événements WikiLeaks qui ont bouleversé le web
n’est jamais réellement marquée.

Bilan :
« Le Cinquième pouvoir », biopic centré sur le nerd
Julian Assange, souffre indéniablement de la comparaison avec « The
Social Network », étalon d'or du genre. Le réalisateur Bill
Condon peine ici à frapper la conscience collective, et ne répond
jamais aux questions fondamentales soulevées par l’affaire
WikiLeaks. « Le Cinquième pouvoir » laisse ainsi un goût
(amer) de bâclage en sortie de projo.
Anecdote Allociné : Le véritable Julian Assange n’a pas apprécié « Le Cinquième pouvoir » et l'a bien fait savoir. Après avoir exprimé son mécontentement au sujet du film dont il jugeait le propos erroné, l’informaticien australien a choisi de torpiller la sortie du long-métrage en proposant son propre documentaire, "Mediastan", sur l’opération Cablerun qui rendit célèbre son site WikiLeaks. En 2010, des milliers de documents confidentiels des institutions étatiques américaines ont été envoyés aux médias (dont le New York Times et The Guardian) et dévoilés au monde entier. Plus de 500 000 téléchargements du documentaire ont été dénombrés le week-end de sa sortie.
La Bande
Annonce du film Le Cinquième pouvoir :
NOTE :
4/10
Article
rédigé par Cléa Carré.
Je suis bien d'accord sur toute la ligne, même si je trouvais, lors des scènes où les deux protagonistes principaux pianotent sur leur ordinateur, que le montage et les phrases que nous propose le dialoguiste sont typiques d'une grosse pub IBM et que les déclenchements d'action tentées par le réalisateur sont finalement vaines (Brühl qui est immobile=moyen d'instaurer un rythme nerveux chez Condon apparemment). Le reste c'est exactement ce que je pense, un film qui n'a rien de neuf et qui a un scenario tenant sur une page wikipedia écrite par Berg.
RépondreSupprimerMerci pour ton comm' Tanguy. Ah ah, t'es chaud sur Berg toi, pourtant il a réalisé un très bon film : VERY BAD THINGS, voire même deux avec LE ROYAUME. Le reste est bof bof voire mauvais.
SupprimerJe parlais du personnage incarné par Brühl dans le film ^^ il s'appelle Daniel Berg
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