lundi 27 mai 2013

Inside Llewyn Davis


Les frères Coen (Ethan et Joël, CQFD) ont-ils encore quelque chose à prouver ? Pas vraiment. Longtemps condamnée à la simple reconnaissance du métier – des louanges critiques à chaque nouvelle mouture quasiment – la fratrie peut se vanter désormais, depuis le succès mastodonte de « No Country for Old Men – Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme », d'une incroyable gratitude de la part du public, les chiffres box-office mirobolants du western « True Grit » l'attestent.
Ethan & Joel Coen retrouvent aujourd'hui leur producteur de « True Grit », Scott Rudin, pour une balade folk-folle intitulée « Inside Llewyn Davis », à mi-chemin entre le biopic et la comédie musicale.
Synopsis Allociné : Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu'il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l'aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n'importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu'à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d'où il vient.
Oscar Isaac. Retenez bien ce nom ! L'acteur de « Drive » et « Sucker Punch » est la révélation d'« Inside Llewyn Davis », croisée complètement dingue entre « Barton Fink » et Jack Kerouac. L'homme se révèle étonnamment touchant dans la peau de l'artiste malchanceux Llewyn Davis et porte littéralement le film sur ses épaules. On devrait désormais pouvoir aisément le retrouver sur la wish-list des comédiens en vogue.
Fidèle à leur réputation, les deux frangins réalisateurs orchestrent ici un travail d'orfèvre sur l'écriture (un bijou!) et construisent un récit à la fois sincère et bouleversant, sorte de second volet d'un diptyque fantasmatique avec « O'Brother » (le prénom du chat, clin d'œil à l'Odyssée?).
Sur sa route, le malheureux Llewyn Davis croisera donc un chat fugueur, une Carey Mulligan radieuse, des personnages décalés, tantôt cruels voire médiocres (John Goodman, irrésistible), tantôt hilarants et burlesques (les répliques cinglantes de la voisine apeurée par la perte de son chat – « Where are his balls ? », ou encore le chanteur – acteur Justin Timberlake, son ami dans le film, qui quitte la pop pour entamer une carrière folk avec une contagieuse jubilation).
Au-delà du roadtrip langoureux, «  Inside Llewyn Davis » est une « odyssée de la loose » nourrie d'un humour noir et cynique insoupçonné, ainsi que d'une tristesse claire obscure essentielle, assez désopilante et cruelle au départ mais tendre par la suite.
Mais « Inside Llewyn Davis », c'est également une mise en scène magistrale, avec quelques changements d'équipe pour les Coen : le frenchy Bruno Delbonnel remplace sans démériter le vétéran Roger Deakins (occupé sur « Skyfall ») au poste de directeur de la photographie avec une lumière tout aussi fantastique à la clé – de vraies pochettes d'album de Bob Dylan.
De son côté, Carey Mulligan a ramené son musicien de mari, Marcus Mumford, leader charismatique du groupe folk « Mumford & Sons » pour composer la splendide bande-son de « Inside Llewyn Davis ». La musique, partie intégrante de l'entreprise, est en effet absolument sublime et donne crédit aux rêves de bohème de Llewyn.
Bilan : Portrait pittoresque et chavirant d'un artiste incompris pour le 16ème long métrage des frères Coen. Un chef d'œuvre de plus dans leur somptueuse filmographie.

La Bande Annonce d'Inside Llewyn Davis:


NOTE: 10/10
 
BONUS: la vidéo-critique du film avec mon ami @Wildgunslinger (j'apparais en guest) : http://www.djpod.fr/podsac/wg-inside-llewyn-davis

4 commentaires:

  1. Tu m'as tellement donné envie de le voir! L'attente va être longue :(

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. et moi, j'ai tellement envie de le revoir

      Supprimer
  2. I've been using AVG Anti virus for a few years, and I'd recommend this solution to everyone.

    RépondreSupprimer