vendredi 23 novembre 2012

Comme des frères

Hugo Gélin, fils de Xavier Gélin et petit-fils de Daniel Gélin, signe avec « Comme des frères » sa première réalisation cinématographique, après s'être échauffé au début des années 2000 sur plusieurs courts métrages.
 Synospis (source : Allociné) Depuis que Charlie n'est plus là, la vie de Boris, Elie et Maxime a volé en éclats. Ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour singulier. Elle était leur sœur, la femme de leur vie ou leur pote, c'était selon. Sauf que Charlie est morte et que ça, ni Boris homme d'affaires accompli, ni Elie, scénariste noctambule et ni Maxime, 20 ans toujours dans les jupes de maman, ne savent comment y faire face. Mais parce qu'elle le leur avait demandé, ils décident sur un coup de tête de faire ce voyage ensemble, direction la Corse et cette maison que Charlie aimait tant. Seulement voilà, 900 kilomètres coincés dans une voiture quand on a pour seul point commun un attachement pour la même femme, c'est long...Boris, Elie et Maxime, trois hommes, trois générations, zéro affinité sur le papier, mais à l'arrivée, la certitude que Charlie a changé leur vie pour toujours.
« Comme des frères » est tout à la fois, un feel good movie façon « Intouchables », un drame puisqu'il traite de thèmes forts comme le deuil et sérieux comme la paternité, un roadtrip entre potes et en plus, une comédie inter-générationnelle. Pour autant, c'est un film fait par un auteur sans prétention et sympa.
Pour son premier essai derrière la caméra, on peut dire qu'Hugo Gélin a su marquer le coup et diriger des acteurs au sommet de leur art, avec en premier lieu un Nicolas Duvauchelle capable d'être à la fois hilarant et émouvant (la dispute entre les protagonistes principaux, ou encore les scènes avec sa compagne). Un crédit spécial également pour le cadet de la bande, Pierre Niney, qui, après avoir fait ses armes dans « LOL » en 2009, poursuit son bonhomme de chemin, et trouve aujourd'hui un rôle amusant et touchant. Un comédien prometteur, avec, il y a fort à parier, une nomination du meilleur espoir masculin aux Césars 2013 à la clé. Enfin, François-Xavier Demaison, qui n'a pas à rougir de ses camarades, bénéficiant lui aussi de tirades savoureuses et langoureuses. L'alchimie absolument merveilleuse entre cette fine équipe est complétée par le sourire malicieux de la jeune et jolie Mélanie Thierry, visage féminin de « Comme des frères ». Dès lors que cette dernière apprend la phase terminale de son incurable maladie, elle suscite l'émotion du spectateur à chaque instant. Le cadrage de près ajouté aux mouvements de caméra autour de son personnage provoquent l'effervescence, et nouent bien évidemment la gorge.
Le scénario, écrit au cordeau des six mains de Gélin himself, Romain Protat et Hervé Mimran (co-réalisateur attitré de Géraldine Nakache), est simple mais efficace, alternant tous les genres, et jouissant de dialogues qui recèlent la sincérité et composent le point fort de cette comédie dramatique. La bonne ambiance de l'ensemble est appuyée par l'armature du film lui-même, avec des allers et venues dans le temps, inspirée brillamment et très certainement par la construction narrative de la comédie américaine douce amer de MarcWebb, « (500) jours ensemble ». Les flashbacks mêlés aux tribulations du présent contribuent, en effet, à rameuter l'émotion en déployant l'amitié, l'adversité, l'amour et les épreuves de la vie.
La bande originale, quant à elle, composée par le groupe Revolver, bien que se trouvant en parfait accord avec le tout, est un poil écœurante. Dommage.
Bilan : Quasi sans fautes pour ce premier long métrage de Gélin junior, réalisateur à surveiller de près. Un air de « Petits Mouchoirs » dans le mouchoir.
 
La Bande Annonce de Comme des frères:
 
 
NOTE: 8/10
 

10 commentaires:

  1. Merci pour cette critique !
    J'ai énormément aimé ce film, touchant, marrant, un très bon jeu d'acteur, bref un vrai petit bijou :)

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  2. On est d'accord sauf que j'ai bien aimé la musique aussi :)

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    1. Tu trouves pas qu'elle est un chouia trop omniprésente ?

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  3. La bo ne m'a pas genée. Pour le reste, d'accord avec toi, même si Mélanie Thierry m'a moins convaincue.

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    1. Effectivement, elle m'agace assez souvent, mais je la trouve pétillante dans celui là

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Un très beau film. La manière dont le réalisateur réussi à raconter l'histoire est remarquable! Je n'avais pas vu mais effectivement, les Gélin, on les connait!
    Je n'y avait pas pensé mais effectivement, il y a un air de "petit mouchoir".

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