lundi 12 novembre 2012

Augustine

Un prénom féminin. Un professeur de renommée internationale. Un sujet inédit au cinéma. Il n'en fallait pas plus à Alice Winocour pour diriger son premier long-métrage, « Augustine », qui sort cette semaine sur les écrans.
Synopsis (source : Allociné) Paris, hiver 1885. Â l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, le professeur Charcot étudie une maladie mystérieuse : l'hystérie. Augustine, 19 ans, devient son cobaye favori, la vedette de ses démonstrations d'hypnose. D'objet d'étude, elle deviendra peu à peu objet de désir.
Pour son premier film, Alice Winocour a choisi de mettre en scène une discipline quasi disparue de nos jours : la médecine selon Charcot avec ses jeunes patientes hystériques, exhibées aux étudiants des amphithéâtres telles du bétail.
Premier essai, coup de maître. Ces simples mots témoignent à eux seuls du professionnalisme et de l'audace dont fait preuve notre jeune réalisatrice dans la mise en scène de ce film au pitch atypique et à priori risqué. Savante idée au départ que d'avoir élaborer son récit via le point de vue de la patiente.
 
Richement documentée sur le sujet, Alice Winocour restitue crûment et ardemment les corps de ces jeunes femmes malades (Augustine et bien d'autres) pour mieux dénoncer les violences subies par ces dernières, lors des fameux enseignements médicaux notoires, épreuves proches de l'humiliation (séances d'hypnose en public, examens intrusifs). En effet, « Augustine », au delà de la thématique médicale abordée, recèle un second registre, tout aussi brillamment analysé : la place des femmes au XIXème siècle, traitées, à cette époque, comme de vulgaires sujets, des bêtes de foire, en somme.
Concernant le casting : Vincent Lindon livre, fidèle à son habitude, une excellente partition dans le rôle du professeur Charcot, personnage froid et énigmatique, ambigu jusque dans son humanité. Lindon, grand pédagogue au cœur de pierre, se délite, en effet, au fur et à mesure du spectacle pour terminer en geyser d'émotions absolument jubilatoire.
Soko, clairement LA révélation féminine de l'année, incarne, quant à elle, de façon magistrale, l'Augustine du titre. Sa performance, simultanément charnelle, époustouflante et sincère, tutoie la virtuosité. L'actrice donne de tout son corps (c'est le cas de le dire) tout au long du film. Probable César 2013 du meilleur espoir féminin à la clé ! 
L'unique point négatif du long métrage s'afficherait du côté des témoignages de fausses-vraies malades, face caméra, qui viennent maladroitement, presque indûment, ponctuer l'histoire.
« Augustine » est, en conclusion, un premier film d'une réalisatrice douée et maline, qui dresse un tableau sans concession d'une figure emblématique de la médecine tout en s'attardant sur le désir et la souffrance des femmes du XIXème.
 
La Bande Annonce d'Augustine:
 
NOTE: 7/10
 

6 commentaires:

  1. Bien d'accord avec les témoignages devant la caméra... C'était pour donner un côté "moderne" je suppose, mais c'est raté...
    Si vous voulez jeter un oeil à ma critique c'est par là:
    http://lecinematonaute.wordpress.com
    Bonne continuation !

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  2. J'ai vraiment aimé ce film.Pour ma part, j ai plutôt ressenti ses parenthèses comme une espèce de comparaison pour essayer de montrer à quel point Augustine est à part et que son hystérie ne ressemble pas aux pathologies des femmes que la Salpétrière accueillait à l'époque. Mais ce n est que mon avis :)

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    1. Effectivement, c'est une perception intéressante

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