vendredi 1 mars 2013

Le Monde fantastique d'Oz

Films, séries d’animation, comédies musicales, bandes dessinées … impossible de dénombrer les adaptations du chef d’œuvre littéraire « Le Magicien d’Oz », roman de Lyman Frank Baum, paru en 1900 et authentique allégorie de la crise économique qui frappa le monde de l’agriculture américaine à cette période. 

 

Quelques décennies plus tard, en 1939, ce fut au tour du film musical de Victor Fleming, porté par l’actrice Judy Garland, de devenir culte et ancré d’une telle force dans la culture populaire qu’il fut inscrit au Registre international Mémoire du monde de l’UNESCO.


Considéré encore aujourd’hui comme un grand classique, voire une véritable référence culturelle, « Le Magicien d’Oz » est intégré dans différents classements établis par l’American Film Institute (dixième du top 100 des plus grands films américains de tous les temps notamment).



Aujourd’hui, « Le Monde fantastique d’Oz », réalisé par le talentueux Sam Raimi, échappé de la trilogie Spider-Man, reprend les rennes du roman, pour une adaptation un poil différente, en forme de préquelle du film de Fleming.



Porté par un casting poids lourd (James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams, Zach Braff, Joey King), « Le Monde fantastique d’Oz » débarque en salles le 13 mars prochain. 



A noter côté coulisses un élément important pour la compréhension de la suite : le long métrage est produit par Disney et Joe Roth, l'équipe à l’origine du carton 2010 de Burton, « Alice au pays des merveilles ».


Synopsis (source : Allociné) Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans ce tendroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences… Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?


Oz est un peu ce projet fou qu’on aurait adoré voir à l’âge de 7 ans, des étoiles plein les yeux, du rêve en barre, magie & féérie éclaboussant l’imaginaire. Hélas, l’âge avancé et l’œil critique affuté nous empêchent d’adhérer pleinement au film de l’illusionniste Raimi.


Si la séquence d’ouverture, tournée en noir & blanc, est absolument irréprochable, un petit bijou – carrousel d’émotions permanentes – le spectacle se gâte ensuite lors de l’arrivée au pays d’Oz et du passage en couleurs.


Esthétique guimauve à la « Alice » (décors / costumes), B.O. plagiée sur celle de Burton (normal direz-vous, on retrouve Danny Elfman à la barre), scénario calqué là encore sur le roman de Lewis Carroll, l’illusion de départ s’étiole rapido. La formule du « charlatan dans un monde enchanté » résonne bizarrement comme une sombre vérité, et nous voilà face à un radeau qui prend l’eau. La patte « Raimi » que l’on retrouve ponctuellement – le design des créatures façon « Bouffon Vert » ou zombies d’« Evil Dead » et de « Jusqu’en enfer », la présence au générique du comédien fétiche Bruce Campbell – disparaît au mauvais profit d’un studio omniprésent, influençant alors de façon médiocre la créativité du metteur en scène, en l’inhibant.



Ainsi, nous devenons spectateurs d’une démonstration de mauvais goût tendance pathétique avec des scènes tarabiscotées, deux vilaines sorcières hystériques au maquillage raté, un scénario peu inventif, en pilotage automatique, une alchimie inexistante entre le magicien et la sorcière Glinda, articulée sur des dialogues répétitifs, ainsi que des effets spéciaux extravagants et ridicules, outranciers lors du ballet des sorcières et des singes volants notamment.




La surprise revient néanmoins à l’introduction de quelques personnages secondaires fabuleux, à commencer par Finley, le singe habillé en groom, indispensable side-kick, doublé en version originale par le fantastique Zach Braff, qui réalise un travail vocal et de performance capture prodigieux, source d’émotions, à la manière d’Andy Serkis, chef de file de cette prouesse technique. A signaler également, du côté des plaisirs inattendus, la présentation de la petite fille de porcelaine, lors d’une séquence éblouissante, elle aussi riche de pouvoir ensorceleur et de génie inventif. De même, l’humour réjouissant, qui met la banane tout au long des aventures enchantées.



La magie rapplique enfin lors d’un duel final transcendant et propice aux rêves, mais s'écroule une dernière fois avec la présence de Mariah Carey, qui vient donner des cordes pour le générique de fin.



Dans ce casting 4 étoiles, 1 nom sort particulièrement du lot : Zach Braff, surprenant en chair et en os dans l’introduction du long métrage, puis génialissime en ventriloque du singe acolyte du héros comme signalé plus haut.


James Franco, décidément de plus en plus enclin à varier les genres après sa participation au déjanté « Spring Breakers », manque hélas du charme et de l’humour nécessaire pour tenir « Le Monde fantastique d’Oz » sur ses frêles épaules.


Déception unanime également pour les personnages féminins, tantôt niais (Michelle Williams), tantôt bâclés (les méchantes sorcières de l’Est et de l’Ouest), avec mention pour Mila Kunis, peu investie, et témoin malheureuse de sa propre contre performance.




Bilan : Sam Raimi, artisan de quelques joyaux hollywoodiens (les trilogies Spider-Man & Evil dead), manque son rendez-vous avec Disney en livrant un spectacle inégal, en demi-teinte, jamais égal à l’expérience hors du commun promise, avec quand même quelques pépites par ci par là.


Cadenassé par la pression de son studio, Raimi brosse le grand public dans le bon sens du poil pour truster (logiquement) les cimes du box office de ce mois de Mars 2013. Amis nostalgiques, préférez la version Fleming et passez votre chemin !   

La Bande Annonce du film Le Monde fantastique d'Oz:


NOTE: 5/10


4 commentaires:

  1. Pour moi, ce film est une réussite ! Les effets ne sont pas parfaits, mais c’est quand même magique et je pense que c’est une œuvre qui a dû plaire aux enfants.

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