samedi 1 décembre 2012

Populaire

Sonnant telle une prophétie de Nostradamus, le titre « Populaire », produit par Alain Attal, heureux dénicheur de perles rares, puisque déjà à l'origine du carton « Polisse » l'an dernier, ou du « Concert » il y a trois ans, sort aujourd'hui dans les salles et s'apprête à truster les cimes du box office hexagonal. 
Synopsis (source : Allociné) Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d'un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d'une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d'un cabinet d'assurance, cherche une secrétaire. L'entretien d'embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis... Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu'importent les sacrifices qu'elle devra faire pour arriver au sommet, il s'improvise entraîneur et décrète qu'il fera d'elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l'amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l'amour tout court...
Après les succès critiques et publics en mars dernier de « Radiostars », réalisé par Romain Lévy, et du tout récent « Comme des frères », mis en scène, quant à lui, par la troisième génération Gélin, les « premiers » longs métrages de réalisateurs français ont décidément le vent en poupe en ce moment.
« Populaire », film mis en boîte par le novice Régis Roinsard, réussit, en effet, l'exploit d'être une comédie à l'humour ravageur, activé par le dynamique tandem Romain Duris / Déborah François, boosté par un pitch novateur, qui nous gâte également sur le plan émotionnel. Mise en scène haletante, brillante inspiration couplée à une ambiance rose bonbon savoureuse à la « Mad Men », BO divinement appropriée, autant d'élogieux qualificatifs pour décrire sa première mouture.
On conçoit certes que l'ensemble affiche une volonté assumée de plaire au plus grand nombre et rafler au passage quelques prestigieuses statuettes lors de la prochaine cérémonie des Césars, mais rien à faire, un charme naïf opère malgré tout.
 
Si « Populaire » devient populaire, il le devra également, et très certainement, à sa touchante histoire de concours de vitesse dactylographique, car si le sujet apparaît déroutant à première vue, ce dernier s'avérera des plus entraînants. Nous tremblons, en effet, pour les candidates tout au long des palpitantes séquences de compétitions, mises en scène avec passion et énergie (cadrage au plus près, rythme nerveux, mouvements de caméra tournoyants autour des tables pareillement à un ring...).

Ajoutez à cela le charme envoûtant de Déborah François, la « Fleur » du « Premier jour du reste de ta vie », qui semble avoir bien mûri depuis, et trouve ici un rôle à la hauteur de son talent. La Rose Pamphyle qu'elle incarne est une battante de la vie, dont le rayonnement et la force montent en puissance avec les épreuves.
Romain Duris, ici en patron autoritaire mais humain, demeure fidèle à son jeu d'acteur depuis « Le Péril jeune », déconcertant pour certains, complaisant pour d'autres, mais efficace et juste. Nul doute que le couple, quant à lui, fonctionne à l'alchimie idéale et génère un réel plaisir d'enchantement chez le spectateur. Pour ce qui concerne le reste de la distribution, rien à redire avec une Bérénice Béjo et un Nicolas Bedos satisfaisants.
Bilan: « The Artist » fait des émules, c'est une évidence. Souhaitons un avenir international à tous ces trésors émérites.
 
Et ben, mon chou si ça c'est pas le meilleur film français de l'année !!!

La Bande Annonce de Populaire:



NOTE: 8,5/10

6 commentaires:

  1. Je confirme, ce film est absolument génial!!=)

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  2. C'était Nicolas Bedos, mais ouii ! Il s'est fait refaire les pommettes et les lèvres non ? Berenice Béjo sublime ... Le couple Duris-François, très mignon ... Ca fonctionne !

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  3. Moi je trouve Duris irrégulier sur ce film et c'est bien dommage car sinon c'est assez bon. On y retrouve le charme désuet des comédies de Capra...

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    1. Bien vu l'allusion à Capra, je n'y avais pas pensé mais c'est vrai. Moins d'accord sur l'irrégularité de Duris

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