mercredi 26 décembre 2012

Jack Reacher

« Jack Reacher » est un film policier américain beaucoup plus malin qu'il n'y paraît. Adaptation sur grand écran des aventures de Jack Reacher, issu du best seller « Folie furieuse » (One Shot en version originale) de l'auteur Lee Child, le long métrage de Christopher McQuarrie, à qui l'on doit tout de même le scénario de « Usual Suspects » et qui enfile ici la double casquette de scénariste / réalisateur, se fait rebaptiser sobrement « Jack Reacher » pour sa transposition cinématographique.
Rappelez-vous cette fameuse légende urbaine hollywoodienne qui veut qu'un film avec un héros dont la première lettre du prénom commence par un J devienne instantanément synonyme de succès au box office : James Bond, Jason Bourne, John McClane, John Rambo … Simple coïncidence ou signe de la providence, il n'empêche que la Paramount, Paula Wagner et Tom Cruise, imbus du carton planétaire du dernier volet de « Mission Impossible » l'année dernière à la même période, voudraient bien réitérer l'exploit, et lancer, pourquoi pas, une nouvelle franchise d'action aux initiales emblématiques, capables de phagocyter l'inconscient collectif.
Synopsis (source : Allociné) Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l'homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu'une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret.
Vendu bêtement comme le « nouveau blockbuster de Tom Cruise à la sauce Mission Impossible » par une bande annonce mensongère, « Jack Reacher » n'est pas le film testostéroné attendu. Il n'en demeure pas moins la vraie surprise de cette fin d'année 2012. D'une facture d'apparence classique, ce thriller recèle pourtant un bijou d'anthologie cinématographique, avec un véritable hommage (déguisé) aux films de Sidney Poitier (on pense à « Dans la chaleur de la nuit » en premier lieu), et aux polars d'action du début des 90's signés Alan J.Pakula / John McTiernan, ainsi que des moments d'humour insoupçonné articulés autour de punchlines cyniques qui font mouche.
Bénéficiant de la présence de Christopher McQuarrie, homme qui a fait ses armes, pour rappel, il y a une dizaine d'années avec le sous-estimé « The Way of the Gun », la mise en scène de ce « Jack Reacher » est percutante, gorgée de scènes bien senties, grâce notamment à un montage sonore absolument jouissif composé de ronronnements de moteur de la Chevelle lors de la Cruise poursuite - une course épique et très inspirée par la saga vidéo-ludique Grand Theft Auto - ainsi que l'essaim des balles de sniper fusant lors d'une séquence digne des plus belles scènes de « Stalingrad ».
Balancé sur un rythme de fond rappelant plutôt « Drive » que Michael Bay, le scénario malicieux de « Jack Reacher » permet surtout de mettre en lumière un héros charismatique, hybride de Charles Bronson et de Sidney Poitier, au passé mystérieux, incarné par le Tom Cruise d'antan, pour le moins en forme et toujours aussi superbe. La présence de Robert Duvall, dans le rôle de l'éternel mentor en qualité de témoin de la complicité nouée entre les deux hommes, appuie parallèlement la volonté du metteur en scène de jouer à fond la carte du clin d'œil aux précédentes moutures du genre.
Là où « Jack Reacher » pêche, c'est en revanche du côté de l'autre partie du casting, avec une Rosamund Pike minaudant à souhait, aux apparitions surjouées, qui nous refait la sauce « Meurs un autre jour », ainsi qu'un Jai Courtney peu crédible, inapte à crever l'écran, en jeune bras droit du bad guy, interprétation qui n'augure rien de bon pour le prochain opus Die Hard à venir (l'acteur doit y jouer le rejeton McClane). Nous sommes enfin étonnés de la présence au générique du réalisateur allemand Werner Herzog, bien perdu en vilain au dessein incompréhensible, et cabotinant à plein tube.
Un autre défaut, pardonnable, n'ayez crainte, quelques longueurs qui font parfois perdre confiance à l'ensemble.
Bilan : A 50 ans, l'ex-mari de Katie Holmes est encore capable de surprendre. Ce « Jack Reacher » est, en effet, la pépite cinématographique post-fin du monde, à la fois très astucieuse et démonstratrice d'un héros rusé, doué d'un pouvoir de séduction incroyable. On espère secrètement un second épisode.
 
La Bande Annonce de Jack Reacher:
 
 
NOTE: 7/10
  


8 commentaires:

  1. Merci pour cette superbe critique ! Je note.

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  2. Je viens de tomber sur votre critique. J'ai trouvé le film très bon et j'espère également qu'il y aura un second épisode.

    Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouvez ma critique sur : http://thecafebook.com/fr/jack-reacher-tom-cruise-pour-retablir-la-justice-v-57.htm

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    1. Je viens à peine de voir ce message désolé.
      Je vais aller lire votre critique, merci bcp pour votre comm'

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  3. ça y'est, c'est fait. Concise & efficace votre critique, bravo.

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  4. C’est un bon film avec un scénario qui est très intéressant. La prestation de Tom Cruise est remarquable.

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