dimanche 3 février 2013

Cloud Atlas

Adaptation réputée suicidaire du roman éponyme de David Mitchell publié en 2004, « Cloud Atlas » devait être le projet cinématographique fou des Wachowski, Lana (anciennement Larry) et Andy, heureux réalisateurs de la trilogie Matrix. Quasi sacrifiée par la Warner, la sortie du film en France aura lieu le 13 mars prochain, soit près de 6 mois depuis son passage sur les écrans américains, et son flop au box office (27 millions de $ engrangés pour 100 de budget).
 
Après une bande annonce purement hallucinante d’environ 9 minutes annonçant un choc visuel mystico-métaphysique, l’attente est pourtant à son comble. A noter que le long métrage, produit et scénarisé par le Wacho Starship, puisqu’il faut désormais les appeler ainsi, est co-réalisé par Tom Tykwer, auteur du petit bijou « Cours, Lola, Cours », nous ayant révélé l’actrice allemande Franka Potente, ainsi que du « Parfum », adaptation cinématographique de qualité du roman éponyme de Patrick Süskind.
Synopsis (source : Allociné) Un voyageur réticent qui traverse le Pacifique en 1850 ; un musicien déshérité menant une vie précaire en Belgique durant l'entre-deux-guerres ; un journaliste aux nobles sentiments qui suit un gouverneur de Californie nommé Reagan ; un vaniteux éditeur qui fuit ses créanciers mafieux ; un dîner génétiquement servi dans le couloir de la mort ; et Zachary, un jeune habitant du Pacifique témoignant du crépuscule de la civilisation et de la science.
 
Chaos. Oui, c'est bien de chaos dont il est question, et d’incompréhension également. Quel diable a envahi le corps des producteurs de « V pour Vendetta » pour se lancer dans la confection de « Cloud Atlas ». Multiples histoires sans queue ni tête, noyées dans un dédale de questionnements philosophico-métaphysiques aux allures de véritable masturbation intellectuelle, montage colossal malheureusement cisaillé de coupures maladroites, scénario très (trop) tarabiscoté, personnages peu attachants et dénués de charisme, maquillages ridicules (mention à Hugh Grant, certes méconnaissable et à contre-emploi total, mais à l'accoutrement fichtrement pathétique), effets spéciaux légèrement cheap, « Cloud Atlas » déçoit.
Tom Tykwer et les Wachowski nous gratifient néanmoins de jolies scènes, interprétées par un casting 4 étoiles, nourris de noms aussi prestigieux que : Tom Hanks, Halle Berry, Hugh GrantSusan Sarandon, ou encore Jim Broadbent, Jim Sturgess, mais également Ben Wishaw (encore auréolé du succès de « Skyfall »), ainsi que l'acteur fétiche de la fratrie Wachowski, l’australien Hugo Weaving. Tout ce beau monde réuni dans un tourbillon de rôles, chacun interprétant, rien que ça, cinq à six personnages différents sur différentes époques.
 
On peut également être séduit par un récit mixant les repères spatio-temporels et les thèmes du soulèvement contre un ordre totalitaire, dictature autrement dit, sujet par ailleurs déjà abordé chez les Wachos grâce à « V pour Vendetta », et de manière toujours aussi bouleversante.
Saluons une BO renversante et sublime, composée par Tykwer himself, épaulé de Reinhold Heil et de Johnny Klimek, ainsi qu’une image magnifique due à John Toll, directeur de la photographie américain, ce dernier au générique de plusieurs chefs d’œuvre : « La Ligne Rouge », « Braveheart », « Légendes d’automne » et « Vanilla Sky ».
Bilan : une fable métaphysique, laissant les spectateurs muets, dont seul le Wachowski Starship a le secret. Nous sommes profondément ébahis entre une ambition démesurée, un sudoku visuel contrebalancé malheureusement par une cruelle absence d'inter-connections entre les différents arcs narratifs et un récit trop alambiqué. La juxtaposition des personnages et des univers ne convainque, en effet, à aucun moment. Un arrière goût d'inachevé et d'outrance indigeste malgré un cast savoureux !
 
La Bande Annonce de Cloud Atlas:
 
 
NOTE: 8/10
 

9 commentaires:

  1. Je compte écrire ma critique prochainement, mais pour tout te dire je suis halluciné en voyant ta note et critique. J'ai l'impression que t'es pas du tout rentré dans le film et même que tu as décroché avant la fin de la première heure. Pour tout te dire je l'ai regardé deux fois et c'est de plus en plus bon. Il est vraiment magnifique, le scénario est brouillon, mais incroyablement riche et à chaque fois que le spectateur peut décrocher, le film le rattrape par le bras et le remet sur le droit chemin. C'est un film inclassable et une grande œuvre qu'il faut voir 2 à 3 fois pour bien comprendre.
    kev44600

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    1. ce que tu dis n'est pas faux, j'ai eu du mal à rentrer dedans et j'ai vite décroché.
      Par contre, j'ai lu la tienne, et j'avoue ne toujours pas comprendre l'inter-connection des histoires ?

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  2. il y en a très peu, des interconnexions.
    il y a bien sur le journal dans les lettres etc etc, mais certaines du livre ont été un peu sacrifiées dans le film, et il faut plus voir le contenu thématique : le combat de la liberté contre l'autorité. Enfin, je pense ^^

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    1. Oui oui, je sais.

      J'ai depuis eu l'occasion de le revoir et j'me demande encore comment j'ai pu passer à côté à la première vision.

      J'ai été littéralement boueleversé la seconde fois.

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  3. Entièrement d'accord avec Coldtroll. J'ajouterais plein de thèmes intéressants, en plus de l'émotion, et de l'aspect phylosophique et spirituel. Un film magnifique.

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    1. J'ai revu le film depuis et je suis entièrement d'accord, c'est la critique de mon site dont j'ai le plus honte.

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  4. philosophique, pardon !!

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  5. Réponses
    1. Oui, je l'ai considérablement réévalué depuis, je l'adore en fait !!

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