Etrange filmo que celle
de Ron Howard. Le réalisateur/producteur, qui a débuté en tant qu’acteur dans
la série « Happy Days », s’est construit une carrière très éclectique
mais finalement assez chouette au fil du temps, malgré plusieurs déconvenues artistico-commerciales
: un space movie prodigieux (« Apollo 13 »), des westerns de bonne facture (« Horizons Lointains »,
« Les Disparues »), des comédies sympatoches mais sans plus (« Splash »,
« Le Journal », « Parenthood », « En direct sur Edtv »,
« Le Dilemme »), quelques biopics académiques (« De l’ombre à la lumière », « Un homme d’exception », « Frost/Nixon »),
des thrillers agaçants (la très basique « Rançon », ou les adaptations
cinoches décriées des bestsellers de
Dan Brown centrés sur le professeur de symbologie Robert Langdon), deux films
générationnels cultissimes, l’un d’heroic
fantasy (« Willow »), l’autre centré sur une brigade de pompiers
(« Backdraft »), une SF gentillette mais plaisante (« Cocoon »), un conte de noël au succès
colossal (« Le Grinch »), et – ce qui nous intéresse ce jour – des films
automobiles : « Lâchez les bolides ! », « Gung Ho, du saké dans le moteur », et aujourd’hui « Rush ».
Bref, Ron Howard est un bon artisan, un faiseur sans génie, mais certainement pas un
tâcheron, plutôt un chic bonhomme à ranger dans la catégorie des réalisateurs
dont nous n’attendons rien, mais qui peuvent nous surprendre régulièrement. Et ce ne
sont pas les premiers retours critiques positifs de « Rush » qui nous
diront le contraire. 
Synopsis
Allociné :
RUSH retrace le passionnant et haletant
combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire de la Formule 1 ait
jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres
écuries McLaren et Ferrari. Issu de la haute bourgeoisie, charismatique et beau
garçon, tout oppose le playboy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire
autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie frénétique de ces deux
pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace la rivalité depuis leurs
tout débuts.

D’un côté, le
flamboyant australien Chris Hemsworth dans la peau du pilote F1 James Hunt. De
l’autre, le discret allemand Daniel Brühl, dans celle de Niki Lauda. Au milieu,
Ron Howard ressuscite la bouleversante histoire qui lia les ennemis légendaires
des circuits dans un film de course automobile sympathique, mais moins
phénoménal que prévu. Explications.
« Rush »
démarre en trombe sur une séquence haletante de passage au stand pour le
traditionnel changement de pneus des F1, avec la voix-off de Daniel Brühl qui
saisit le spectateur sur l’importante rivalité entre l’arrogant anglais et
lui-même, personnage tout aussi peu aimable. De quoi planter le décor et nous
mettre en jambes pour la suite : expliciter les motifs de cette rageuse
concurrence qui sévit entre les deux gredins.

Commençons par les
qualités de « Rush » tout d’abord: le storytelling solide et habile de Peter Morgan (jongler intelligemment
entre des scènes de courses auto et la vie quotidienne personnelle des deux
pilotes), les interprétations hautes gammes de Chris Hemsworth et surtout de Daniel Brühl (sacré travail de diction), une mise en scène fonctionnelle et efficace,
qui nous tient bien en haleine (chapeau pour le rythme soutenu, le dynamisme, l’ambiance
réaliste des courses et la séquence particulièrement réussie sur le complexe
automobile Nürburgring), ainsi que quelques répliques joviales (« Sex :
Breakfast of Champions »).
Mais « Rush »
passe hélas un peu vite sur ses enjeux dramatiques, sans toutefois les éclipser
réellement : ainsi, au lieu de nous délivrer le tableau de caractères des
deux types (en gros, des grands champions au mental d’acier mais cruellement
antipathiques), Ron Howard aurait probablement gagné à étoffer la relation
duelle et personnaliser son histoire.

Deux légères fautes de
goûts : une esthétique 70’s trop factice (pas merci Instagram ?) et
une composition d’Hans Zimmer, certes prenante et en adéquation avec les images
rythmées, mais peu originale.
Bilan :
Un « Rush » énergique, mais non dénué de défauts. La mise en scène
immersive de Ron Howard et le casting irréprochable (mention Daniel Brühl) contrebalancent
avec le scénario dramatique habile, mais qui manque peut être un poil de
profondeur.

Anecdote :
Ron Howard avoue être fasciné par les années 70. Il a déjà mis en scène « Apollo 13 » et « Frost/Nixon, l’heure de vérité » qui se déroulent
durant cette période de l’Histoire.
La Bande Annonce de Rush:
NOTE: 6,5/10
A peu près d'accord. Un très bon film mais qui manque parfois un peu de profondeur, mais qui a pourtant le mérite de proposer des personnages géniaux et très bien interprétés (oh Daniel Brühl). Bonne critique!
RépondreSupprimerYes, merci :)
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