
Synopsis Allociné :
Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que
c'est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire
endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après
les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un
criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se
souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se
passer et ce qui l'attend …
Albert Dupontel aurait-il
réalisé la meilleure comédie française de l'année ?
Attendons encore les sorties de « Les Garçons et Guillaume, à table ! » et « Quai d'Orsay » pour statuer, mais tout
porte à croire que oui. Tout d'abord, car « 9 mois ferme »,
rencontre improbable entre une juge psychorigide et un délinquant disjoncté,
fortement influencée par le documentaire de Raymond Depardon « 10è chambre - Instants d'audience » (dixit Dupontel himself),
est vraiment hilarant. Un humour loufoque, à des kilomètres des
sentiers battus, des situations absurdes dignement héritées des
Monty Python, une écriture au cordeau, un propos délicat mais
profondément humain en toile de fond (la justice) … autant
d'atouts précieux dans cette dramédie hors norme.

Les références ?
Une adoration absolue pour « l'image », qui permet de
prendre de la distance avec la réalité, aide Dupontel à arpenter
ses films. Pas étonnant donc l'amour pour la troupe des Monty Python. Dans « 9 mois ferme », Albert Dupontel pousse
l'admiration encore plus loin, puisque l'une des affiches de son film
rend clairement hommage à celle de « Brazil » de Terry Gilliam, ce dernier étant également présent au générique (un
rôle déjanté, Charles Meatson alias « Famous man-eater »).
L'autre force de « 9 mois ferme » ? Le rythme soutenu, avec un enchaînement à
la pelle des séquences cocasses (l'auto-avortement, les hypothèses
de Dupontel sur l'origine du crime atroce, la plaidoirie de l'avocat
à la fin) et des jeux de mots barjo (« qui vole un œuf bute
un veuf »). Une cadence poilante bien étayée, il faut
l'avouer, par une mise en scène particulièrement réussie, où
Albert Dupontel s'inspire aussi bien des techniques Jean-Pierre Jeunet (un
collage de vignettes fictives en guise de présentation des
antécédents de Bob Nolan, une scène en ombres chinoises), que de
Terry Gilliam, voire de ses propres œuvres (l'utilisation des espaces chez la juge rappelle les abords de l'appart du « Vilain »).

Une formidable prestation
de Sandrine Kiberlain (très très drôle), une galerie de
personnages tordants (un légiste, un avocat, un flic, un surveillant, un gynécologue, des journalistes ... interprétés par des fidèles collaborateurs de
Dupontel pour la plupart, de Philippe Duquesne à Bouli Lanners, en
passant par Nicolas Marié et Philippe Uchan), ainsi que de nombreux guests
(Yolande Moreau, Jan Kounen, Gaspar Noé et un caméo surprise) finissent de complémenter
cette fiction.

Bilan : Après
la « comédie de mœurs déviante » « Le Vilain »,
Albert Dupontel revient avec force et intensité au film plus réaliste, le déjanté « 9 mois ferme », porté par une Sandrine Kiberlain des grands
jours. La crise d'énurésie guette, chers spectateurs !

Anecdote :
Albert Dupontel et son équipe ont vraiment tourné dans le Palais de
Justice. Dupontel déclare à propos de ce décor unique au monde :
« Aucun Palais de Justice n'existe dans un lieu aussi ancien et
prestigieux. Le paradoxe réside entre la beauté des lieux et les
tragédies qui s'y déroulent au quotidien … c'est très
impressionnant. »
La Bande Annonce de 9 mois ferme:
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537099&cfilm=213856.html
NOTE: 8,5/10
J'attends la sortie avec impatience
RépondreSupprimeret tu as bien raison car il est génial
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