dimanche 24 février 2013

Les Chevaux de Dieu

En 1997, Nabil Ayouch réalise son premier long-métrage, « Mektoub », qui remporte un énorme succès au Maroc et qui sera le premier film à représenter le pays à l'Académie des Oscars. Seize ans plus tard, Ayouch propose le drame « Les Chevaux de Dieu », qui sort en catimini cette semaine dans les salles, malgré sa sélection en compétition officielle au Festival de Cannes 2012 dans la catégorie « Un certain regard ».
 
Synopsis (source : Allociné) Yachine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs « frères ». L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs...
« Les Chevaux de Dieu » surprend par sa capacité à démontrer l'évidence : les pires idées naissent hélas souvent dans une société altérée sociologiquement et économiquement parlant, en l'absence de repères pour sa jeunesse. Le film de Ayouch puise sa force dans l'empathie douloureuse que nous ressentons tout au long des 1h55 de bobine, sans jamais néanmoins, une prouesse, nous pousser à condamner les protagonistes – devenus des marionnettes totalement lobotomisées et défaits de leur libre-arbitre – y compris lors de l'épilogue à la tension insoutenable.
La première partie propose un aperçu des bidonvilles de Casablanca et de ses habitants, mais ne verse jamais dans la caricature. Ayouch dépeint objectivement, de manière quasi factuelle et documentariste, les problématiques et les incertitudes des jeunes banlieusards plongés dans le chaos de leur sinistre environnement.
 
« Les Chevaux de Dieu » soulève très justement dans sa seconde partie la question de l'endoctrinement des Djihad, recrutés souvent très jeunes, sur des personnalités vulnérables et désemparées, autrement dit, du gibier facile. Aucun élément n'est traité ici de façon démonstrative ou brutale, et sans parti pris, nous sommes simplement spectateurs (impuissants et bouleversés) du processus lent et minutieux de la manipulation insidieuse orchestrée par les radicaux.
On suit enfin dans un troisième temps la destinée tragique des personnages principaux (la fratrie et leur entourage immédiat) dans une séquence haletante et ultra réaliste d'attentats à la bombe. Ici encore, pas de jugement, seulement des faits.
Casting composé d'acteurs non professionnels issus du bidonville de Sidi Moumen, le film n'en demeure pas moins excellemment interprété. Et pour cause !
Bilan : Une œuvre unique, forte et puissante, maîtrisée de bout en bout par le réalisateur Nabil Ayouch, un homme audacieux et courageux, un type d'envergure qui filme la véritable descente aux enfers de ces jeunes qu'il connaît bien avec un côté saisissant de réalisme et d'inéluctabilité.
 
La Bande Annonce de Les Chevaux de Dieu:
 
 
NOTE: 7/10
 

samedi 23 février 2013

Effets secondaires


2009. Steven Soderbergh, le réalisateur le plus caméléon d'Hollywood, annonce sa pré-retraite cinématographique à la planète entière ; ce dernier estime avoir parcouru un sacré bonhomme de chemin dans l'industrie du 7ème art, chemin éprouvant et usant, déclare-t-il.
Pourtant, de façon paradoxalement assez surprenante, le metteur en scène américain Oscarisé, à la carrière riche et éclectique où la palme d'or « Sexe, mensonges et vidéo » côtoie aussi bien la trilogie so glam' « Ocean's » que les triomphes critico-publics « Erin Brockovich » / « Traffic », ou encore les projets fous expérimentaux « King of the hill », « Schizopolis », « Full Frontal », « Solaris », « Bubble », « Girlfriend Experience », en passant par le biopic académique du « Che », le metteur en scène donc intensifie le pas, se prend de boulimie de pellicules et réalise 3 films sur à peine 2 ans : le thriller palpitant « Contagion » tout d'abord, puis « Piégée », et enfin le carton estival 2012 « Magic Mike », tourné dans la foulée.
 
Aujourd'hui, Soderbergh officialise sa sortie de piste et propose son dernier long métrage format grand écran, le thriller médico-psychologique « Effets secondaires » – baptisé « Side Effects » dans le texte original, anciennement « The Bitter Pill » – avant le téléfilm « Behind the Candelabra », mis en boîte pour HBO, à paraître dans quelques mois et qui scellera définitivement la retraite du cinéaste.
Fidèle à la formule (gagnante) des dernières moutures, « Effets secondaires » se paye le luxe d'un casting 4 étoiles réunissant trois habitués de Soderbergh, Jude Law, Catherine Zeta-Jones, Channing Tatum, ainsi que la petite nouvelle, la charmante Rooney Mara.
Derrière la caméra, on retrouve également de fidèles collaborateurs de Soderbergh, que ce soient Gregory Jacobs à la production, ou bien la plume talentueuse de Scott Z.Burns, à qui l'on doit les succès « La Vengeance dans la peau » ou le docu « Une vérité qui dérange », et qui enfile ici la double casquette de scénariste / producteur.
Synopsis (source : Allociné) Un thriller centré sur la psychopharmacologie, l'étude de la façon dont les drogues affectent l'esprit humain.
« Le comportement du passé indique le comportement du futur » entend-on à un moment donné dans « Effets secondaires ». Connaissant la bête Soderbergh, nous aurions forcément pu parier qu'« Effets secondaires » était nettement plus complexe qu'il n'y paraissait dans la bande annonce.
Rappelez-vous déjà, avec « Contagion », Soderbergh, le technicien au sens millimétré du découpage, réussissait la prouesse d'allier pur divertissement commercial et œuvre empreinte d'une réalité sous-jacente reflet du monde contemporain, avec une réflexion poignante à la clé, le tout emballé via une mise en scène irréprochable (montage « planétaire » pour globaliser les concepts, BO contagieuse c'est le cas de le dire, signée Cliff Martinez, filtre jaunâtre poisseux représentant à merveille la maladie).
 
Eh bien, « Effets secondaires » reproduit avec succès l'identique schéma narratif percutant, ouvert initialement sur un fait divers pour évoluer judicieusement vers un problème de santé publique. 
Le dernier long métrage estampillé Soderbergh recèle, en effet, un thriller subtil avec pour toile de fond l'univers de la psychiatrie et la médication délivrée sur ordonnance.
La mécanique pourrait paraître huilée, mais le scénario malin voisin du casse-tête chinois de Burns a cette force de nous faire décoller vers une superbe intrigue et des contrées inattendues, en nous évitant le piège de la surenchère propagandiste, sans jamais quitter l'univers de la fiction, divertissante et intelligente. Armé de dialogues minutieusement écrits, il fonctionne autour d'un thème socialement pertinent.
Côté mise en scène, exit le goût du risque « Contagion », le film choral et kaléidoscopique « Traffic », ou les effets de style multiples et variés des « Ocean's » (focales, zooms, split-screen) au profit d'une réalisation à la fois sobre et judicieuse. Capable de se fondre totalement dans la masse off-caméra, le trublion Soderbergh occupe également ici les postes de chef op' et de monteur, véritables points forts du film. Il opte cette fois pour une structure narrative linéaire ou presque (un flashback aux couleurs éclatantes, filmé caméra à l'épaule, vers la toute fin) et trouve pour « Effets secondaires » un langage visuel qui donne la chair de poule savamment dosée.
Soderbergh, c'est aussi et toujours l'art de s'entourer de personnalités improbables (George Clooney avec qui il fonda la société de production « Section Eight », la catcheuse Gina Carano dans « Piégée », la pornstar Sasha Grey dans « Girlfriend Experience », le stripteaseur Channing Tatum dans « Magic Mike », le casting over the top des « Ocean's »), ainsi qu'une utilisation surprenante de ses têtes d'affiche – rappelez-vous les décès brutaux et précoces de Gwyneth Paltrow & Kate Winslet dans « Contagion » – « Effets secondaires » s'inscrit dans la continuité de ces génériques assez fabuleux.
Chapeau pour Jude Law, initialement capitaine de son âme et de sa vie (appart' chic, boulot reconnu), sombrant peu à peu dans une véritable descente aux enfers. La néophyte Soderberghienne Rooney Mara trouve ici un rôle exquis, taillé sur mesure, après la consécration Lisbeth Salander. Elle y interprète avec brio Emily, jeune patiente fragile et vulnérable, subissant les affres de la médecine moderne. Son époux est incarné avec austérité par le nouveau chef de file des acteurs en vogue, j'ai nommé Channing Tatum (« Je te promets – The Vow », « 21 Jump Street », « Magic Mike », et les deux volets cinématographiques « G.I. Joe »). Enfin, Catherine Zeta-Jones, fidèle à son ambition dans les choix de ses rôles, réitère ici en interprétant la psychiatre Victoria Siebert, personnage à la fois raffiné et glaçant.
Bilan : Simple et complexe sur tous les points, « Effets secondaires » est une véritable surprise.
Le maître Soderbergh n'avait plus rien à prouver mais se montre capable de surprendre une dernière fois en une forme d'apothéose, portant un regard froid sur l'industrie pharmaceutique et ses dérives. Fort intéressant. Tu vas nous manquer Steven !
 

La Bande Annonce de Effets secondaires:


NOTE: 8,5/10

mardi 19 février 2013

Antiviral

Cannes, mai 2012. « Cosmopolis », le nouveau Cronenberg est présenté sans grands roulements de tambour en sélection officielle du Festival. Parallèlement, c'est un autre Cronenberg, Brandon, rejeton du célèbre metteur en scène canadien, qui détonne sur la croisette dans la catégorie « Un Certain Regard » avec sa première œuvre en qualité de réalisateur, « Antiviral », film au nom annonciateur d'un projet très proche de l'univers de son papounet. Aujourd'hui, « Antiviral » sort en salles, après avoir raflé entre temps le prix du meilleur premier film canadien au Festival international du film de Toronto. David a bel et bien transmis le virus du cinéma à sa progéniture Brandon, mais lui a-t-il inculqué ses ficelles ?
 
 
Synopsis (source : Allociné) La communion des fans avec leurs idoles ne connaît plus de limites. Syd March est employé d'une clinique spécialisée dans la vente et l'injection de virus ayant infecté des célébrités. Mais il vend aussi des échantillons, pour son propre compte, à de puissantes organisations criminelles. Sa méthode pour déjouer les contrôles de la clinique : s'injecter les virus à lui-même...Mais ce procédé va s'avérer doublement dangereux : porteur du germe mortel ayant contaminé la star Hannah Geist, Syd devient une cible pour les collectionneurs...
Au départ, « Antiviral » s'amorce sur les chapeaux de roue, à l'instar d'une publicité pour la célèbre société « Umbrella Corporation », issue de la saga vidéo-ludique « Resident Evil ». Fort de son atmosphère futuriste étouffante, d'une mise en scène affirmée, d'une esthétique singulière faisant la part belle à un blanc immaculé (bravo à l'impeccable photographie signée Karim Hussain, déjà auteur des images poisseuses du déjanté « Hobo with a shotgun ») et d'une BO electro-dark psychédélique composée par E.C. Woodley, le film va au-delà en intriguant grâce à son pitch pour le moins barré. 
Via un abord plutôt dystopique, Cronenberg junior réussit là où Cronenberg senior a échoué avec son « Cosmopolis ». Un seul et unique objectif pourtant, commun aux deux long-métrages : dresser la satire du capitalisme.
« Les stars ne sont pas des gens, mais des hallucinations collectives », cette phrase prononcée à un moment donné retentit comme la démonstration parfaite du propos de Cronenberg fils, ce dernier, fier de l'héritage de son Papa (remember « Videodrome » et « eXistenZ »), émettant habilement un jugement critique vis-à-vis de ces dérives technoïdes qui érigent le star system en nouvelle religion.
 
 
Parlons maintenant du héros, similaire dans les deux œuvres des Cronenberg, rongé et torturé par le mal qu'il incube, la force du pouvoir & de la richesse pour l'un (Robert Pattinson dans « Cosmopolis »), les pathologies en miroir d'un fantasme sexuel cannibale high-tech pour l'autre (la révélation masculine Caleb Landry Jones, après son passage éclair chez les mutants de Matthew Vaughn dans « X-men lecommencement »). Un calvaire interminable en somme, néanmoins jubilatoire pour le spectateur.
Impossible de ne pas saluer la fabuleuse interprétation tout en finesse de Caleb Landry Jones, grand acteur en devenir. Un Marcel blanc à la « Funny Games » s'imprégnant de sang dont l'écarlate s'excite avec la progression de l'agonie ? Que nenni pour Landry Jones qui porte littéralement le film sur ses seules épaules (ou presque). Le casting bénéficie également de la luxueuse présence de l'infatiguable Malcolm McDowell, décidément abonné aux films « particuliers ».
 
 
Petit bémol au générique, pardonnable néanmoins, si l'on regarde le budget dérisoire du projet : « Antiviral » aurait certainement gagné en profondeur, ainsi qu'en force du sujet si le visage féminin avait été plus perméable pour les mémoires via l'emploi d'une actrice mondialement connue. Non pas que Sarah Gadon ne fasse pas le boulot, mais, quitte se rincer l'œil. on aurait plutôt préféré baver devant une étoile d'Hollywood.
 
Bilan : Certes le long métrage de Brandon Cronenberg n'est pas exempt de défauts, mais il faut admettre que l'éducation père – fils Cronenbergien a bien eu lieu. « Antiviral » est un objet cinématographique non identifié, comme il s'en fait rare de nos jours. Brandon Cronenberg : un fiston apprenti réalisateur à suivre !
 
La Bande Annonce d'Antiviral:
 
 
NOTE: 8,5/10

lundi 18 février 2013

Les Misérables (2012)

« Les Misérables », le chef d'œuvre littéraire de Victor Hugo, une nouvelle fois transposé sur grand écran par Hollywood ? Pas exactement puisqu'il est ici question d'un film musical britannique, réalisé par Tom Hooper, d'après la comédie musicale à succès de Claude-Michel Schönberg (1980), elle-même librement adaptée du roman éponyme de Victor Hugo (1862). Après avoir atteint les cimes du box office us et conquis le cœur des critiques américaines, le film-chanté de Tom Hooper, au budget pharaonique et au casting prestigieux (Hugh Jackman, Russell Crowe, Sacha Baron Cohen chez les hommes, Anne Hathaway, Amanda Seyfried, Helena Bonham Carter côté féminin) débarque enfin dans l'hexagone, en pleine période de récompenses en tout genre (Golden Globes et Oscars en ligne de mire).
Synopsis (source : Allociné) Dans la France du XIXè siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d'amours malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l'affirmation intemporelle de la force inépuisable de l'âme humaine. Quand Jean Valjean promet à Fantine de sauver sa fille Cosette du destin tragique dont elle est elle-même victime, la vie du forçat et de la gamine va en être changée à tout jamais.
Quel fiasco ! Si le fond est irréprochable bien qu'un peu longuet – Victor Hugo source inépuisable d'inspiration pour toujours – « Les Misérables » pâtit d'une mise en scène répugnante, faisant passer le précédent long métrage du metteur en scène, « Le Discours d'un roi », pour un accident de parcours, en dépit de sa presse dithyrambique et de sa reconnaissance avec plusieurs Oscars.
Inscrit dès sa conception dans le style et la tradition de Broadway – comprenez qu'il joue la carte du spectacle distingué à grands renforts de millions de billets verts (la séquence d'ouverture figurant un bateau échoué dans un bassin gigantesque donne le ton!), de réalisateur fraîchement Oscarisé et de pléthore d'acteurs éminents – « Les Misérables », film au titre symboliquement prophétique, n'en est pas moins qu'une overdose d'effets obscurs, mal fagotés : travellings ratés, cadrages de traviole ultra rapprochés justifiés pour être soi disant au plus près des comédiens, ellipses balancées maladroitement, indigestion d'images dans des décors carton pâte, absence totale de direction d'acteurs, surenchère de chants. Une accumulation de faux artifices de réalisation on vous dit !
Les chants, parlons-en. Hooper a eu la bonne idée de capter les voix de ses comédiens lors des prises de vues. Sur le papier, ce projet, assez fantasque mais résonnant comme une évidence, permet de corriger les vilaines retouches, souvent superficielles, opérées en studio. Le mauvais point en revanche, déjà abordé plus haut, est cette absence de dialogues pour pimenter l'ensemble, transformant finalement l'essai en film-chanté, et non plus en comédie musicale. On aime ou on déteste !
Si Anne Hathaway réussit l'exercice (périlleux) de style en nous décochant la petite larme avec son magnifique « I dreamed a dream » et que Hugh Jackman s'en sort pas trop mal en faisant le boulot, la faute de mauvais goût revient à Russell Crowe et son timbre de voix rauque absolument abject. Qui plus est quand le célèbre « Gladiator » chante honteusement faux.
Le reste du casting est inodore et sans saveur, entre le couple Bonham Carter & Baron Cohen reprenant à peu de choses près leur rôle respectif de « Sweeney Todd » dans une séquence immonde, une Amanda Seyfried décidément de plus en plus insipide, et l'acteur Eddie Redmayne promu on ne sait comment nouvelle étoile d'Hollywood.

Bilan : On s'interroge sur le fait qu'un film pareil ait pu attiré autant d'éloges outre-Atlantique. L'accueil glacial en France prouve que lorsqu'il s'agit de Hugo, nous sommes peut être forcément moins cléments et plus critiques. Pas touche à notre patrimoine littéraire !
La Bande Annonce du film Les Misérables (2012) :

NOTE: 4/10

vendredi 15 février 2013

Die Hard : belle journée pour mourir

Qui ne connaît pas « Piège de cristal », « 58 minutes pour vivre » et « Une journée en enfer » sur le bout des doigts ? S'il y a une franchise pérenne à travers les générations et les supports vidéos (K7 à l'époque, DVD à l'aube des années 2000 et restaurations Blu-ray au passage de 2010), c'est décidément « Die Hard », cette fameuse saga qui, fière de 3 épisodes (+ 1 jeu-vidéo) devenus cultes avec le temps et avec son héros très emblématique, le flic bad ass « John McClane », incarné par un Bruce Willis hyper charismatique, a enfanté un quatrième opus en 2007, décrié par les fans et pourtant loin d'être un navet.
 
 
 Aujourd'hui, c'est John « Max Payne » Moore qui a décroché la timbale pour mettre en scène le 5ème volet Die Hard, intitulé « belle journée pour mourir ».
Après une bande annonce jugée peu alléchante par certains, claironnant notamment un tandem McClane père / fils, il est l'heure de vérifier si ce « Die Hard » redore ou non le blason de la saga.
Synopsis (source : Allociné) Bruce Willis est de retour dans son rôle le plus mythique : John McClane, le « vrai héros » par excellence, qui a le talent et la trempe de celui qui résiste jusqu'au bout. Cette fois-ci, le flic qui ne fait pas dans la demi-mesure, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment après s'être rendu à Moscou pour aider son fils Jack, qu'il avait perdue de vue. Ce qu'il ignore, c'est que Jack est en réalité un agent hautement qualifié de la CIA en mission pour empêcher un vol d'armes nucléaires. Avec la mafia russe à leur poursuite et la menace d'une guerre imminente, les deux McClane vont découvrir que leurs méthodes radicalement différentes vont aussi faire d'eux des héros que rien ne peut arrêter.
Il semblerait que l'époque où Bruce Willis chantait des louanges au réalisateur français Florent Emilio Siri au point de ne jurer que par ce dernier en affirmant vouloir tourner des « Die Hard » uniquement si celui-ci en était le metteur en scène, soit révolue. Aujourd'hui, le mythe « John McClane » n'est plus.
John Moore, l'homme derrière les bouses « En territoire ennemi », le remake « La malédiction » et l'adaptation ciné de la saga vidéoludique « Max Payne », se compromet dans un fiasco total, en l'absence d'éléments identifiables de la saga, ou à peine (le « Yippie ki-yay motherfucker » difficilement audible, le plan raté similaire à celui où Hans Gruber meurt dans le 1).
Scénario inexistant, signé par le faiseur Skip Woods, auteur de plusieurs scripts hollywoodiens calamiteux (« X-men Origins :Wolverine », « Hitman »), cascades automobiles ridicules à la Rémy Julienne, mal filmées, séquences d'action trucidées au montage et cerise sur le gâteau, des éléments visuels présents dans la bande annonce mais éclipsés de la vision finale, un Bruce Willis qu'on avait rarement vu aussi peu motivé à zigouiller les terroristes, avec le défaut de n'aligner pas plus de 4 lignes de dialogues sur l'heure et demi de pellicule (chapeau!) et apparaissant limite stupide par moments, une débâcle de scènes ahurissantes d'incohérences ou de port'nawak général (radiations / pas radiations à Tchernobyl?, des russes parlant anglais entre eux), un bad guy complètement absent (pourtant marque de fabrique de « Die Hard »), punchlines peu folichonnes … bref, un plantage sur toute la ligne pour le Yes man John Moore, pourtant pas si candide que ça si l'on en croit ses déboires avec ses acteurs & son équipe sur les tournages de ses précédents long-métrages.
L'unique trouvaille scénaristique de ce « Die Hard 5 » (l'adjonction du fils en tant que side-kick de McClane père) ne vient hélas pas compenser ces vilaines verrues pour permettre au film de relever la barre. Jai Courtney, l'interprète de McClane Junior au visage de bûcheron, se montre, en effet, certes intrépide, mais surtout antipathique, voire agaçant. Ne parlons même pas de l'alchimie entre papa McClane et son rejeton. Le néant !
Seul point positif : la thématique du « braquage », chère à la saga, qu'on pensait forcément zappée de la mémoire des producteurs, présente finalement dans le dernier tiers.
Bilan : Un « Die Hard » qui ferait passer le 4ème opus pour un chef d'œuvre, filmé sans conviction par John Moore, metteur en scène à la filmo peu reluisante, et desservi par un casting dépourvu de charisme. Le héros de notre jeunesse a totalement disparu, il est désormais désincarné et crevé comme une vilaine baudruche par les requins du dollar. Pitié Bruce, ne te lance pas dans un 6ème épisode, ou sauf s'il s'agit de sortir John McTiernan de prison auparavant !
 
La Bande Annonce de Die Hard : belle journée pour mourir:
 
 
NOTE: 2/10